D'ici d'ailleurs et d'autre part

Je ne fais que passer, comme un air siffloté sans y prendre garde,un parfum passager,l'effleurement d'une goutte d'eau sur la peau,un papillon se posant sur une fleur...éphémère, mais vivante!

jeudi 3 juillet 2008

Fin et commencement...ou l'inverse?

Il y a à peine quelques heures, je suis rentrée chez moi après 26 heures passées dans la tourmente d'émotions contradictoires. Les citer toutes seraient fastidieux.

8H: 1ère réunion d'équipe avec le nouveau responsable éducatif (eh non c'est pas moi pour ceuxce qui n'auraient pas suivi). Bel acte manqué pour une 1ère: je n'ai pas entendu mon réveil, et du coup un quart d'heure de retard pour cette prise de contact. Emotions contradictoires N°1. Désirs d'avenir et retour vers le futur ça vous évoque quelque chose? moi oui!

mercredi 10H30 à jeudi 10h30: la surprise du chef. Toute l'équipe éducative préparait depuis quelques semaines un au revoir spécial à notre chef sortant. Organisation au top, il ne se doutait de rien malgré tous les indices qui jalonnaient les préparatifs. Mais c'était sans compter sur la discrétion et la complicité du directeur de la Fondation, de l'épouse de notre responsable et notre sens pourtant pas inné de la dissimulation hypocrite pour la bonne cause ( promis juré on va pas refaire ça de sitôt). Une journée complète avec son équipe pour un sentier de randonnée jalonné d'étapes gourmandes et une soirée et nuit dans une cabane d'alpage autour du feu, à refaire le monde, rire, boire, chanter et pleurer aussi... Ceux qui seraient tenté de plaindre le pauvre ex chef de devoir subir notre présence une journée entière, hors cadre professionnel,se mettent le doigt dans l'œil
jusqu'au coude! Emotions contradictoires N°2: liens professionnels d'une qualité exceptionnelle, et mélange d'affection quasi filiale pour un homme d'une qualité humaine tout aussi exceptionnelle. Je ne saurai décrire les sentiments de colère d'abord ressenti à l'annonce de son départ. Il ne pouvait, ni ne devait partir, suivi de la joie d'être reconnue dans mes compétences quand il m'a proposé de poser candidature pour le poste, suivi de son écoute attentive et non jugeante quand j'ai traversé ces gros problèmes de santé, sa confiance renouvelée à mon retour même avec mes capacités physiques diminuées...je ne continuerai pas la liste, ce serait trop long.  Lui, une autorité naturelle, un homme de cœur, un professionnel expérimenté et compétent, qui a toujours su nouer position d'autorité sans pouvoir abusif, et sens de la justice. Un chef comme j'en ai peu eu! En d'autres circonstances, il aurait pu devenir un ami. Il n'y a pas de mots pour décrire mon émotion à le voir nous dire au revoir ce matin après un ultime café pris ensemble. Le ciel pleuvait aussi fort que mon cœur se déchirait. Et pourtant la veille au soir, je riais aux éclats après lui avoir chanté un au revoir tout particulier, accompagnée de la chorale improvisée par mes collègues. A écrire ce résumé , j'en ai encore la gorge qui se serre.

Saurais je apprécier tout autant le nouveau chef? Me reconnaitra t il dans mes compétences et acceptera t il ma personnalité très "tranchée"? Aura t il cette humanité nécessaire mais aussi cette rigueur et cette autorité naturelle indispensable à l'accompagnement des personnes accueillies au foyer? Lundi soir, les résidents anciens et nouveaux lui ont offert un cadeau qui en dit long: une médaille gravé à son prénom avec la mention du meilleur papa! Le discours prononcé par un des résidents le remerciait pour ce qu'il n'avait pas fait, dans le sens de tout ce qu'il leur avait laissé expérimenter, en étant seulement là pour les guider, sans imposer, permettant les expériences les plus étonnantes, mais aussi pour les limites posées et tenues. Pour nous les éducs, pour moi la psychologue déclassée, il avait aussi cette attitude. Je ne dirai pas paternelle, mais simplement attentive et à l'écoute. Un re-père pour les résidents anciennement à la dérive, un collègue solide et responsable pour l'équipe.

Difficile d'imaginer un autre responsable, mais surtout difficile dans cette ambiance chargée émotionnellement de lui laisser faire sa place. Il va pourtant bien falloir la lui laisser prendre, l'accepter...ou partir?

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mercredi 21 mai 2008

Brève de boulot : écriture clinique

61_pour_parler

J'ai écrit son cas, mardi, studieuse pendant 5 heures (c'est si peu), avec l'envie de bien dire comment je le percevais, ce qui me paraissait signifiant dans le peu qu'il donnait à entendre et le trop qu'il donnait à voir.
Je présente sa situation le 14 juin à Lyon, avec comme question "quand parole et demande ne vont pas de soi: la question de l'obligatoire".

Un peu abstrait comme titre, certes, mais ce jeune homme est de ceux là. Il ne parle pas ou si peu, ne demande rien d'autre que d'être responsable, mais il est soumis à une obligation de soins par la Justice. Ce n'est pas un gentil résident qui applique le règlement du foyer, en s'autorisant parfois quelques manquements. Non, lui, il insiste dans la transgression, dans le cynisme et l'ironie, dans le discours tout fait par d'autres,qu'il s'approprie comme on récite une leçon mal apprise, les mêmes autres qui lui reproche de ne pas faire comme c'est prescrit. Il fonctionne comme cela depuis si longtemps!
Forcément ce ne sont pas ses mots à lui, pas sa demande, pas...son désir? Mais quel est il? Il s'énerve, se ferme, s'enferme dans sa chambre ou dans sa tête...et finit par boire et boire et boire encore, et quand il ne boit pas il trouve d'autres produits...il cogne, se blesse, blesse les autres...pour pouvoir dire enfin..."pour pouvoir être responsable".

Et là pendant mes congés, il a bu "pour exister et être responsable", et il a enfin pu dire qu'il veut retourner en prison pour finir sa peine, il a pu dire qu'il veut être suivi en ambulatoire après son emprisonnement, et seulement s'il le désire? Il lui fallait l'alcool pour exister dans sa parole. Pas le meilleur moyen de se faire entendre, pourrait on rétorquer. Mais pour l'instant c'est le seul qu'il ait trouvé. Il n'en avait pas d'autre à sa disposition.

Alors oui, je reprenais mon travail aujourd'hui, alors oui, j'espérais reprendre mon suivi auprès de lui, alors oui j'espèrais que ma présentation du 14 juin éclairerai ma façon de l'aborder et de cheminer avec lui pour qu'il lâche l'alcool ou la drogue et qu'il puisse enfin se dire. Mais tout à l'heure je l'ai félicité d'avoir pu enfin dire un peu de son désir, quelque soit le support choisi. Il lui faudra encore cheminer longtemps pour qu'il lâche ce mode d'existence, il serait mieux pour lui qu'il puisse s'exprimer sans apport de toxique ...mais mon travail avec lui s'arrête là.

Mon travail consiste à entendre ce que chacun a à dire ou faire entendre et à susciter le désir là où il n'a que trop rarement le moyen d'être exprimé ou être entendu. Le moyen choisi est ravageur, mais pour en trouver un autre il devait peut être en passer par là!
C'est tout le paradoxe, et j'apprendrai beaucoup ce samedi 14 juin en présentant ce cas, singulier dans son histoire et son parcours, mais tellement fréquent quand on travaille dans des institutions accueillant des personnes comme lui.

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lundi 31 mars 2008

reprise

Je reprends mon travail ce soir, à 17 h, après plus d'un mois d'arrêt maladie. Oh! non parce que je suis guérie, mais parce que je vais finir par m'encrouter les neurones et par devenir larve au foyer. Donc contente de retrouver la civilisation laborieuse et en même temps sans grand enthousiasme.

Rien à voir avec mon mal de dos qui est toujours là, (IRM lombaire mardi 10 avril, je vais devenir une habituée), mais plutôt avec le choc que fut l'échec de ma candidature au poste de responsable! (cf article du 13 décembre (ici).

Au départ, je n'envisageais pas postuler, je n'ai pas le goût du pouvoir et j'aime garder le contact "clinique" avec les résidents. Mais pour moi, ce poste représentait plusieurs opportunités:

- celle de retrouver le statut professionnel perdu en quittant la France,et jamais retrouvé en Suisse depuis 7 ans que j'y réside. J'étais cadre hospitalier et j'assumais des responsabilités, gérais mon emploi du temps, participais aux décisions de service. Depuis 2001, je ne suis que simple exécutante de décisions venant d'en haut, remplaçante pour quelques mois, ou simple éducatrice, même si mon expérience professionnelle dans mon domaine me permet d'influer certaines orientations thérapeutiques.

- celle de voir mon "pouvoir d'achat" quelque peu augmenté, moi qui tire le diable par la queue tous les mois, surtout avec 2 enfants en études supérieures et un 3 éme au collège! Je m'voyais déjà dépenser pour un peu du  superflu que je m'interdis. Je ne me plains pas puisque mon julamoi m'offre les vacances et les sorties resto, mais j'aime participer et je le peux rarement! Le père de mes enfants est à des kilomètres (au sens propre comme au figuré) de ces considérations financières!!

- celle surtout de ne plus partir au travail quand la plupart des gens en reviennent. Je ne travaille quasiment que de soirée et de nuit, et je dois jongler entre mes horaires de travail et mes activités sociales ou formatives. De plus, je ne peux décemment pas quitter le domicile pour vaquer à mes occupations, si je viens de faire un week end de boulot de plus de 48 h ou si j'ai 3 nuits hebdomadaires à mon actif et que mon activité choisie m'occupe une ou 2 soirées de la même semaine. Ou est ma vie "conjugale" et familiale dans ces conditions?

En même temps, je me rends compte que travailler me manque, j'ai besoin de ce contact avec le monde extérieur, j'ai besoin de réentendre les histoires de ceux que je reçois, pas pour m'en délecter mais pour me mettre au travail, avec eux, d'un processus de changement! C'est rapidement dit, mon travail réclamant un au delà de l'écoute ici et maintenant. En un mois et des poussières d'arrêt, j'ai l'impression que ma 3 ème oreille s'est bouchée, en même temps que j'ai cessé de participer aux groupes de travail de mon école de psychanalyse.

Voilà où j'en suis à quelques heures de ma reprise...toujours mal au dos, et ça n'a rien de psychologique. La sciatique, je l'ai depuis aout 2007,j'ai des problèmes lombaires depuis mon adolescence, mais ces derniers temps. je m'étais lancée à fond dans le travail en négligeant ma santé, et à l'annonce du refus de ma candidature, mon corps et mon esprit ont cessé de lutter! Et tout s'est cassé en même temps. A quoi bon être cordonnier si on ne peut se bien chausser, n'est ce pas??? Trop connu pour que j'y échappe à ce genre de proverbe!

Pas de solutions pour le moment, toujours en attente de ce que donnera mon IRM lombaire...parce que si je dois passer sur le billard, autant que je ne cherche pas un autre job...alors attente...voyage en Crète...vacances d'été...et j'aviserai plus tard de mon avenir professionnel!


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mardi 8 janvier 2008

sous la voûte céleste...

Je bosse comme une dingue depuis jeudi après midi. Peu de répit pour venir écrire. Tout ça pour quoi...pour vivre des moments de joies, de peines, de lassitude, de rires auprès de ceux que je côtoie depuis tant d'années.

Tranches de vie:

medium_knowledge_against_prisonLu dans le cahier de transmission, qu'il doit retourner en prison,qu'il est sous mandat judiciaire et qu'il a enfreint maintes fois le règlement du foyer,en risquant en plus d'y entrainer de plus fragiles que lui. C'est terrible de devoir prendre cette décision, parce que au delà de ces comportements destructeurs pour lui même, c'est un type bien. Comme tout ceux qui vivent dans ce foyer et tous ceux que j'ai croisé dans ma profession et dont on oublie trop souvent que ce sont des hommes et des femmes blessés par la vie. Ils portent tant d'étiquettes qui rayent ce qui rend chaque homme unique et irremplaçable. Je ne bosse pas pour voir les gens retrouner en prison. Mais après plus d'une heure d'entretien individuel, il ressort que pour lui, la prison est une solution d'apaisement à ce qu'il vit intérieuremnt. Un apaisement plus sécurisé que l'héroïne. Alors, je l'ai accompagné jusqu'à la porte, menotté les mains dans le dos et encadré de 2 policiers, il m'a souri et m'a dit à bientôt. Oui à bientôt pour continuer ce chemin commencé dans ce foyer!

CaravageJoueursCartesPartie de cartes avec 3 d'entre eux. je suis une piètre joueuse, je ne compte pas les atouts, j'oublie quelles cartes sont sorti...bref la Calamity Jane du cercle des joueurs confirmés. mais ils viennent me chercher, chahutent mon manque de concentration, rigolent de mon auto dérision, guettent mes sourires jusqu'aux oreilles qui annonce systématiquement que je vais poser une carte du tonnerre!!! Jamais on ne s'ennuie à jouer aux cartes, même si il ne règne pas un grand silence autour de la table. Idem au baby foot où je chante les buts des latins avec un Olé tonitruant, et les buts suisses avec un yodle picardisant!

courses_en_ligneCoup de gueule parce que la liste des courses pour le camp de ski n'est pas établi, la liste des personnes devant préparer les repas pas complète... c'est pas faute de l'avoir répété et re et re re répété. mais c'est comme pisser dans un violon pour en faire sortir un son. Du coup, courses à la va comme je te pousse, avec le premier résident levé, plein de bonne volonté. Deux tempéraments latins, avec tchatche et parlé haut dans les rayons de la Migroche, calculette dans une main, liste de courses de 3 kilomètres dans l'autres à pousser 2 caddies énormes en 2H chrono!!! "Et le 1er qui râle qu'il manque quelque chose je le pends par les pieds" " Avec moi vous devrez monter sur un tabouret et faire de la muscu, parce que je suis plus grand que vous. Alors d'abord il manque"....gggrrrrr et éclat de rires!

Départ lundi matin pour un camp de ski d'une semaine où j'assure les 2 premiers jours. Les affaires sont normalement prêtes à être chargées dans le bus, tout le monde a son snow, ses skis..." ah ben moi j'ai pas de lunettes de soleil" " ben moi j'ai pas de duvet"..."moi j'ai pas trop envie d'y aller à ce camp!" Bon, pire qu'un départ en vacances avec la smala au complet! En arrivant au télécabine, trop de vent, la télécabineDameuse_1755 n'ira pas au sommet. Seuls les skieurs peuvent prendre un tire fesse pour le dernier tronççon jsqu'à 2300 m mais pour les non skieurs ( comme moi)...ben! " oh pas grave on repart" " NON!!". " Ben vous n'avez quà monter en raquettes ou dormir dans la voiture jusqu'à ce que le vent se calme" "Non!" " Bon ben quoi! Faut trouver une solution quand même! Vous êtes payés pour ça¨" Il mériterait que je lui colle sur les bras les 3 tonnes de matos et de bouffe qui doivent aussi être acheminées en plus de 2 résidents et moi même jusqu'à 2300 m d'altitude!" Jolie ballade en dameuse à 3 à l'heure au milieu des sapins et sur les pistes enneigées!

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Et hier soir, promenade dans la neige sous le ciel limpide et bleu de la nuit, à 2300 m d'altitude, seuls au monde à regarder les milliers d'étoiles briller!!! C'est beau la vie, hein!


                         DSC00684DSC00683 

 

Je suis redescendu de la montagne sans cheval oh hé...tout à l'heure... avec pleins d'autres tranches de vie en tête et dans le coeur...mais ce serait trop long à raconter...et c'est secret...professionnel bien sûr.

Ce soir je fête ma 1ère année de vie commune avec mon julamoi...c'est beau aussi cette vie là!



                                                                                                             Dans la télécabine

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jeudi 22 novembre 2007

brève de boulot

amad_couv2



..."parce que vous croyez qu'une femme peut me dire ce que je dois faire ou pas?"

" Mais je suis une femme moi aussi, et je vous dis que là vous devez ranger la cuisine maintenant! Il est 22h et vous allez réveiller tout le monde si vous faites plus tard"

"Oui mais vous c'est pas pareil?"

"ah bon? qu'est ce qui n'est pas pareil?"

"ben vous avez le double de son âge."

"!!!!???? :-("

La femme à laquelle il ne veut obéir a 28 ans...argh!

J'ai carrément pris une décennie en 2 mn!!

Bon ben bonne nuit...je suis épuisée, pas étonnant à mon âge...et encore au boulot...Quoique à 60 ans je risque encore d'y être à ce boulot, mais Dieu sait quel âge me donneront les résidents!!! Déjà que je suis la doyenne du foyer...être éduc et travailler de nuit ça ne conserve pas sa bonne femme, c'est à croire, surtout si on attrape autant d'années en si peu de temps!

Posté par cathiminie à 23:28 - Brèves de boulot - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 19 novembre 2007

entre déprime et révolte!!!

Je crois avoir identifié ce qui me rend aussi  morose et vide ces derniers jours! Après avoir accusé le rhume, la neige, le froid,mon âge, la fatigue et que sais je encore, je sais ce qui m'a foutu un coup au moral.

Actuellement, je travaille dans un foyer qui accueille des toxicomanes. J'aime les rencontres avec ces exclus du monde, que je côtoie au fil de mes emplois depuis plus de 20 ans: malades mentaux, toxicomanes, alcooliques, clochards, jeunes adultes en rupture sociale, sortants de prison. J'apprends beaucoup à leur côté et j'ai encore envie d'apprendre, mais pas dans n'importe quelle condition!

Mais dernièrement un certain nombre de contrariétés professionnelles (et ce qui en découle) sont venues ternir mon dynamisme, m'empêchant pour un temps de voir la vie en rose:
Des horaires de plus en plus déments, que, jusqu'à présent, j'arrivais à gérer avec mon chef, ce qui me permettait de pouvoir aller me ressourcer dans 2 "formations", une fois par mois ( une à Lausanne et une à Lyon). Mon chef ne me plaçait jamais de service le jeudi soir non plus, et je pouvais alors conduire (à 1/2 heure de voiture) mon plus jeune fils à son cours de guitare, rendre visite à mes 2 grands enfants et aller chanter dans le chœur auquel j'appartiens, depuis bientôt 4 ans. Un emploi du temps bien organisé qui me permettait de continuer à avoir une vie sociale, familiale et intellectuelle, malgré les contraintes d'un emploi du temps incluant des nuits et un week end de travail par mois. J'allais travailler avec plaisir, prête même à rendre service pour dépanner un collègue. Mais les restrictions budgétaires étatiques empêchent la Fondation qui m'emploie de créer un nouveau poste d'éduc à temps partiel. Du coup, pour assurer le fonctionnement 24H/24 de ce foyer, les éducs en place doivent subir des emplois du temps d'une rigueur qui ne tolère aucun écart. C'est ainsi que j'ai du aller assurer mon week end au plus mal de ma grippe, une absence s'avérant ingérable pour rééquilibrer les temps de travail des uns et des autres. Mais ce n'est pas tout! Sur 5 semaines de congés payés par an, avec 43H de travail hebdomadaire, nous ne pouvons prendre que 2 semaines de vacances consécutives et la plupart du temps en dehors des vacances scolaires (et jamais pour Noël et l'An), puisque nous sommes 5 sur 9 à avoir des enfants scolarisés, et qu'un seul éduc à la fois peut prendre ses vacances.C'est vrai que j'ai ainsi pu obtenir, enfin, 2 semaines de congés à Pâques 2008! Toujours le même problème d'effectif, pour assurer une ouverture permanente. Même si mon chef de service n'y est pour rien, que je l'apprécie beaucoup, je lui en veux de ne pas plus se rebeller et pointer les incohérences de ce fonctionnement qui tue l'enthousiasme à travailler! Mais la rébellion c'est très français et les suisses voient ce que ça donne en France! J'en entends de toutes les couleurs sur les grèves et la politique française, moi la française qui se permet de râler, dans mon pays d'accueil!

Résultat de ces mesures drastiques: je vais travailler le jeudi soir de plus en plus souvent ( mon fils devra arrêter la guitare, puisque mon emploi du temps change chaque semaine...quel prof accepterait de fixer une heure de cours d'une semaine sur l'autre!) Je ne pourrai plus aller répéter les chants régulièrement.
Je vais travailler du 23 au 25 décembre non stop, et comme je ne bosse pas pour les fêtes de l'An , je suis notée d'office pour accompagner le camp de ski. du 7 au au 9 janvier 2008. Comme je ne skie pas, je garderai les murs, ferai la cuisine et le ménage...ce que je fais avec beaucoup d'aversion chez moi au quotidien!!! C'est vrai que j'aurai du faire des études d'aide ménagère! On en a toujours besoin!

Et la cerise sur le gâteau: je suis de week end du 12 au 14 janvier!! Et ma formation sur Lyon, cuvée 2008, démarre le samedi 12 janvier. C'est le jour où l'on s'inscrit pour présenter son travail clinique et je ne manque jamais de m'inscrire pour évoquer ma pratique. A quoi bon payer 200 euros de ma poche, déjà pas très remplie par le salaire médiocre qui m'est versé chaque mois, si c'est pour risquer de manquer la plupart des rencontres mensuelles, sans pouvoir rien y changer!
Et ma formation sur Lausanne, comment garantir que je pourrai m'y rendre après avoir déboursé de ma poche le montant de la formation sans compter les trajets et les repas...
Ces deux formations, dans ma pratique professionnelle me sont aussi nécessaires que les gammes et exercices pour un musicien professionnel! De plus j'ai ouvert un cabinet privé sur mon temps libre, mais sans échanges sur ma pratique avec mes pairs, je risque fort de ne plus réussir à entendre mes patients comme ils le méritent!Si encore mes pateints potentiels se décident à s'adresser à moi! J'ai UNE patiente épisodique pour l'instant!

Alors voilà, je suis tiraillée entre baisser les bras et me replier sur moi même, sans mots dire, mais mon corps, dans ces cas là, parle pour moi et multiplie douleurs, infections, somatisations... Comme disait mon père quand j'étais petite: " hé ma fille...toi tu passerais dans une vigne que tu serais capable d'attraper le philoxera"...et ça commence...mes maux deviennent bavards ces temps...

Ou alors je me révolte, je rouspète, je crie mon indignation, je deviens désagréable aux yeux de tous, incapable d'accepter ce qui m'arrive, mais incapable d'envisager une solution viable! Tout le monde risque d'en prendre plein la g.....! Et moi avec!...et ça commence...je me suis hyper engueulée avec mon julamoi ce week end pour des broutilles, mais qui justement venaient pointer mon statut de femme au foyer tout juste mauvaise à faire le ménage, la bouffe et autres joyeusetés de la vie quotidienne. Ce qu'actuellement j'ai déjà l'impression de mal faire à mon travail!

P..... D. B..... D. M....!!!! Comment je me tire de ce mauvais pas!!! Chercher un autre travail alors que j'ai mis 6 ans et des mois et des mois de chômage entre 2 remplacements, pour dégoter enfin un job à durée indéterminé en dessous de mes qualifications et de ma formation...donc en dessous du salaire que je pourrais espérer! J'entends déjà les réflexions du style " te plains pas t'a un job!"
Je me résigne, puisque cela semble un mot d'ordre en Suisse, au risque de foirer ce qui marche bien, c'est à dire, amour, enfants et amitiés!!!
Je crois qu'en écrivant tout ceci je viens de passer de la déprime, à la révolte...la suite??? au prochain numéro d'une Cathiminie transformée en Catherpillar, en espérant qu'elle ne tombe pas en Cathalepsie sous peu!

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jeudi 4 octobre 2007

Brève de p'tit dèj

" euh dites moi cath, vous croyez qu'elles vont fonctionner comme avant?"
" le médecin a du vous le dire, non?"
" mais elle est toute bleue et le double de l'autre?"
" Qu'arrive t il en général après une coupure?"
" ben ça gonfle et si c'est profond, c'est tout rouge, d'abord. Et quand il a eu un choc, on a un bleu"
" bientôt le drapeau français votre histoire, dites moi! Pour un suisse ça serait le comble!"
Rires partagés...
" En attendant, mettez un caleçon au lieu de vos boxers habituels"
" ouais c'est ce que j'ai fait...mais je m'inquiète. En plus le doc m'a dit que les fils partaient tout seul...mais ça pique!"
" Ca pique qui?"
" rrhhhooo...pour une vieille, vous avez pas la langue dans vot'poche vous! Justement quand est ce que je pourrai m'en servir...et est ce que je vais...enfin est ce que je risque pas d'avoir une panne...!"
" vous en avez déjà eu sans ça?"
"Ben oui, comme tout le monde, mais ça ne se dit pas"...
" vous auriez du demander tout cela au médecin. je ne suis pas médecin"
" Oui mais vous connaissez la vie, et vous ne vous moquerez pas de moi vous!"

A la lecture, cet épisode est à mourir de rire.
Dans la réalité d'un matin à 7H, entre le café et la clop, c'est d'un sérieux que vous ne pouvez imaginer.
C'est aussi pour cela que j'aime ce travail!

Posté par cathiminie à 13:20 - Brèves de boulot - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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