mercredi 21 octobre 2009
Miroir (part 1)
Le texte qui suit est une ré édition. Pardon à mes lecteurs et trices de l'époque, mais il se trouve que j'ai à écrire un "cas clinique" pour une présentation professionnelle, que je ne publierai pas ici. Mais la situation personnelle de la personne dont je m'occupe et dont je dois parler, me rappelle ce texte, écrit à une période où ma vie n'était pas très agréable. Et pourtant je ne puis renié ce que j'écrivis à l'époque, même si la tonalité en est un peu "déprimée". Cette femme dont je présenterai le cas prochainement, n'a pas la possibilité actuelle de prendre la distance nécessaire avec le miroir,celui du regard des autres comme celui fait de verre. Ce qu'elle y voit est à entendre pour mieux l'accompagner dans un cheminement qui puisse la conduire à se sentir mieux. "être bien dans sa peau"!
"les miroirs ne mentent pas?"
Non effectivement les miroirs ne mentent pas, mais le regard réfléchit.
Que donne le miroir, que lui donne-t-elle, qu'y réfléchit-elle, qui regarde-t-elle?
Un matin d'été, le soleil dardant ses rayons à travers les persiennes entrebaillées, l'image dans le miroir auréole de lumière ce corps qui se donne à lui. Corps aux courbes prononcées, à la taille marquée, à la poitrine forte mais que le port de tête et d'épaules fera dire "généreuse". L'image est lisse, mais elle la réchauffe du soleil d'été. Elle y voit une belle journée. Elle s'habillera séduisante, choisissant un profond décolleté pour mettre en valeur sa poitrine opulente. Elle choisira aussi une jupe blanche et fluide, qui au moindre mouvement ondulera et caressera ses jambes, mettra en valeur sa taille bien appuyée. Elle se trouve jolie, fraîche, gaie. Le miroir ne ment pas, il lui renvoie l'image d'une journée d'été, propice à la séduction et à la légèreté
Et mon amie la rose (Cath 2009)
Un matin d'automne, gris et pluvieux. La lumière halogène accentue le grain de la peau, augmente les reliefs, diminue les nuances. Le miroir ne ment pas. Il renvoie l'image d'une femme empâtée, au ventre abimé par plusieurs grossesses, aux seins un peu trop lourds qui ne savent se tenir, aux cuisses un peu trop larges, victimes des régimes ratés. Elle regarde l'image du miroir qui ne ment pas, et se dit qu'à son âge rien ne sert de lutter . Elle se trouve moche, grosse et vieille et son regard devient identique à celui de l'homme qui ne la désire plus. Son corps la dégoûte. Elle choisit dans l'armoire un pantalon noir, un gilet noir qu'elle tentera d'égayer à l'aide d'un foulard de couleur vive, pour qu'au moins son visage soit un peu éclairé et renvoie une image plus gaie.L'image est toujours lisse. Elle aussi est froide, froide d'un corps sans désir, d'une journée sans soleil. Elle aimerait se regarder amoureusement, mais le miroir ne ment pas et il lui donne à voir l'automne de sa vie.
Une journée d'hiver, la neige est tombée. Le miroir ne ment pas, il lui donne à voir ce qu'elle lui a donné. Un corps emmitoufflé dans un peignoir duveteux, bien vite échangé contre un gros pull à col roulé et un pantalon doublé. Elle aurait froid sinon. L'image lui semble moins froide que son corps frigorifié.Elle regarde ses formes ainsi cachées, se dit qu'il vaut mieux le protéger des rigueurs de l'hiver. Elle a envie d'aller marcher et l'image du miroir lui importe peu. En énorme doudoune, pantalons de ski et raquettes aux pieds, elle se fondra dans la masse des yétis de l'hiver. Elle soigne son visage, le nez sur le miroir, qui lui donne à voir quelques rides au coin des yeux, mais qu'elle voit comme celui d'une femme quelconque qui s'apprête à affronter l'hiver. L'image hiberne!

Paysage hivernal de Gruyère (Cath 2008)
Un matin de printemps, elle découvre dans le miroir qui ne ment jamais, sa peau blanche et son teint blafard, contrastant tellement avec le jaune et le vert des pâturages, avec la luminosité ambiante qui donne envie de légèreté. Elle constate les bourrelets accumulés mais qui s'effaceront quand sa peau reprendra une jolie couleur dorée. Elle se sent partagée entre femme vieillissant mal, et beauté gourmande. Les extrèmes lui vont bien, le miroir ne ment pas, mais il ne lui dit rien. Elle se verra bien mieux dans le regard de l'homme qui la désirera peut être, répondant au printemps et à sa légendaire montée de sève. Si tel n'est pas le cas, elle masquera le miroir pour ne plus qu'il renvoie l'image qui ne ment pas d'une femme mal aimée!

Printemps sur le lac de la Gruyère (Cath. Avril 2008)
Le miroir ne ment pas, mais c'est normal, il est muet! c'est elle qui lui parle!
lundi 21 septembre 2009
emplettes du week end
Un morceau d'anthologie de la fonction d'éducatrice que j'occupe depuis maintenant 5 ans. Drôle à vivre et raconter mais parfois il vaut mieux tourner certaines chose en dérision pour supporter la misère dans le sens le plus large du terme!
Samedi matin petit message d'une collègue, suite à une suggestion de ma part! Et vlan passe moi l'éponge! J'aurais mieux fait de me la coincer une fois de plus!
Qui est la plus âgée, la moins rougissante aux histoires salaces, la plus culottée et la moins pudibonde dans l'équipe hein! Un internaute m'avait surnommée la furieuse du bled...je vais finir par croire que mes collègues ont lu mon blog! ;-)
Alors voilà:
Il était une fois une femme qui exerçait la profession de prostituée dans le civil. Histoire de vie peu enviable et mode de vie sordide l'ont conduite à user de produits stimulants pour pallier à la dureté de son métier et de ses relations dites "humaines".
Une personne attachante, en manque de tendresse, mais aussi envahissante et d'un manque de discrétion à toute épreuve. Depuis son arrivée, il ne se passe pas un jour où ses penchants sensuels ( pour dire soft) ne sont pas dévoilés à qui veut bien les accueillir dans tous les sens du terme! Difficile à gérer au sein d'un foyer et surtout quand il s'agit de l'accompagner en sortie extérieure! Je ne compte plus les propos hot-ment sexualisés en pleine rue, et surtout au rayon des brosses à dents d'une grande surface un peu chic du centre ville! J'insiste sur le rayon brosse à dents, il a son importance!
Elle me prit en affection, peut être justement parce que j'accueillais son originalité et sa demande d'amour avec tout le respect nécessaire mais en posant aussi quelques limites à ses débordements destructeurs pour elle même.
Depuis quelques temps, elle multipliait les infections à des endroits intimes jusqu'au jour où je fis le lien avec les brosses à dents! Bingo! quand elle sont électriques, elles sont multi usages ( pour ceux et celles qui voudraient que je leur fasse un dessin, j'envoie le mode de compréhension par mail!) Forcément ce n'est ni très hygiénique, ni très adéquat pour ce genre de pratiques! Elle se vantait régulièrement d'en faire un usage détourné de son but premier, surtout au rayon des brosses à dents sus nommé.
Colloque d'équipe tout ce qu'il y a de plus sérieux: "Mais il faut faire quelque chose! on ne peut pas la laisser se détruire la santé et laisser faire! Peut être serait il judicieux de l'emmener acheter un outil plus approprié à sa pratique, apparemment nécessaire à supporter son abstinence. Il est vrai que l'abstinence de coke est déjà suffisamment pénible sans en rajouter dans la frustration" dixit Cath pas minie sur ce coup là!
Bingo, ce week end Cathra-bosse, elle va se transformer en marraine la fée et conseiller la dame sur un achat judicieux et sain!
Une grande enseigne du marché de l'érotisme plus loin et nous voilà dans les rayons. sous les applaudissements de joie de la dame concernée! Une enfant dans un magasin de jouets n'en aurait pas été plus radieuse! Bruyante aussi, vantant la beauté des dessous affriolants, la grandeur du magasin, et hurlant dès l'entrée " Où est le rayon des vibros!" Il m'en faut plus pour me troubler tout de même!
Une fois trouvé, ce ne sont qu'exclamations devant la multitude de choix offerts, des demandes d'explication de fonctionnement! Déjà un peu plus difficile à donner, d'autant que la dame en question lisait les pubs de présentations, perplexe. "C'est où le point G!" " Vous croyez que ce gros là ça va pas me faire mal?" " oh non celui là il est vraiment trop moche...heureusement que celui de mon copain ne ressemble pas à ça" " Et celui là vous pensez qu'il vibre fort? J'ai besoin qu'il vibre fort...ça me changera de la brosse à dents!" ...et j'en passe...tout cela proféré à voix très haute, au point que les clients présents nous regardaient d'un air amusé ou parfois gênés. Oui! même en ce lieu où si y a d'la gène y a pas de plaisir!
Je reste stoïque, proférant quelques "chut moins fort!" et tentant d'expliquer les fonctionnements des engins, de la façon la plus détachée possible. Je ne suis pas une experte en la matière, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit!
Et ouf au détour d'un rayon, une petite vendeuse charmante, pas du tout gênée, mais qui avait dû nous entendre depuis sa caisse et volait à notre secours(surtout le mien). Je me demande ce qu'elle a pu penser en m'entendant vouvoyer la dame tout en expliquant ce qu'elle cherchait, et surtout à quel prix, incluant le produit désinfectant!
Et voilà que la série des questions repart de plus belle! Mais cette vendeuse est un ange et réponds à tout sans sourciller, volant d'un rayon à l'autre et faisant preuve d'une patience d'ange à toute épreuve ( et je vous assure que l'épreuve des questions c'est pire que les 12 travaux d'Herculette réunis)
Et vas y que je mets des piles dans l'un pour tester la puissance de vibration, et vas y que je change d'avis parce que celui là a une texture trop dur, celui là ne ressemble pas à celui de son mecmac! Et pourquoi celui là il est recourbé au bout. C'est quoi la différence entre une stimulation truc muche et une stimulation machin chose!!! Wouahou...J'étais au bord de l'apoplexie à force de me retenir de rire.
Et en bonne madame Claude soucieuse de la santé de sa protégée, je revenais à une réalité financière incluant le produit désinfectant indispensable à l'usage de la chose choisie!
Une fois à la caisse, de nouveau un florilège de questions sur la tenue vestimentaire sexy et très en rapport avec l'étiquette du magasin " C'est joli votre décolleté! Oh!!! vous avez un joli tatouage sur le bras! C'est pour votre ami que vous l'avez fait? Est ce qu'il y a des revues avec des beaux mecs bien membrés ici..etc etc etc..."
Les vendeuses gardaient un sérieux incroyable, sauf quand elles croisaient mon regard dépité et réprobateur, partagé avec un sourire en coin et des bouffées de rires contenus!
Cette sortie est à mettre dans le catalogue des souvenirs inoubliables ( j'ai failli écrire à mettre dans les annales du métier d'éduc, mais vu le contexte on m'aurait accusé d'avoir l'esprit tordu, ce qui est absolumment faux!)). On est loin des soirées bourgeoises de démonstrations tuppersex de la ménagère de moins de 50 ans!
En conclusion, la dame en question fut ravie de son achat et j'eus droit à un énorme baiser sur la joue, une petite larme de gratitude et un " vous savez Cathiminie, je vous aime bien. Je sais qu'avec vous je crains rien" C'est ti pas beau comme compliment!
lundi 14 septembre 2009
faune et flore exotique
C'est en passant lire le blog d'une chanceuse exotique campée sur une île de rêve, que j'ai eu l'idée de vous présenter en mots la faune et la flore du lieu où je passe une bonne partie de mon temps, c'est à dire environ 200h par mois!
Je ne peux pas l'illustrer de photos, parce que c'est interdit mais je vais tenter de fleurir et imager mes propos du mieux que je le pourrai en préservant l'anonymat des habitants de ce lieu!
Tout d'abord la flore, paradis perdu qui malheureusement pour eux et heureusement ne poussent pas ici:
cannabis fleur de coca cactées hallucinogènes
pavot psilocybes
Des plantes et des fleurs, les habitants du lieu en cultivent ici, mais pas ceux cités ci dessus. Non plutôt des plantes d'ornement paysager, des plantes potagères, des légumes, des herbes aromatiques... les effets produits par leur préparation sont: cloques aux mains en période de bêchage, muscles en capilotade lors des élagages de haies, mais aussi plaisirs des parfums et des goûts sublimés en cuisine, multitudes de couleurs au jardin, pelouse fraiche et tondue, odeurs de roses ou de chèvrefeuille au crépuscule... un plaisir des sens sans jouissance destructrice et sans porter atteinte aux lois!
Et la faune pullule dans les plates bandes, pas une faune malsaine comme celle rencontrée dans les halls de gare, ou les jardins publics isolés, ou les toilettes publiques et sombres recoins urbains. Non ici, ce sont scarabées, papillons, araignées des champs, renards en soirée, musaraignes, taupes, oiseaux divers, lézards dans les rocailles...et une chatte toute noire qui prend un malin plaisir à nous déposer en offrande sa prise journalière. Une des habitantes de ce lieu ne manque pas de hurler son désaccord:
"Mais comment c'est possible! Pauvre bête, elle doit être affamée pour être obligée de tuer des animaux pour se nourrir. C'est honteux, donnez lui une boîte. C'est pas possible de laisser un chat en arriver là!..." et des cris pendant de longues minutes jusqu'à ce que nous ayons débarrassé le hall d'entrée des plumes et entrailles diverses et variées, ramenés en trophée par notre chatte familière! Impossible de faire entendre qu'un chat est un félin et donc un chasseur, et qu'elle nous remercie de la bien traiter en nous ramenant des cadeaux, certes peu appétissants pour nous! Nous sommes des monstres de participer au massacre de ces pauvres petites souris ou oiseaux, en affamant la minette des lieux!!!
Une autre faune qui ne semble pas plaire aux habitants de ce lieu, et m'a contrainte à devoir surmonter ma propre aversion pour éviter un massacre!
23H cet été!
Heure d'extinction des feux pendant la semaine. Chacun monte dans sa chambre et je reste en bas au bureau, pour taper les derniers comptes rendus de la soirée, fermer les portes, éteindre les lumières. Enfin bref la routine!
Quand soudain un brouhaha à l'étage, des bruits de pas précipités, des cris poussés par les habitants mâles de la maison! Ces dames étaient couchées depuis longtemps! Branle bas de combat!
"Mais que se passe t il? Vous faites un de ces potins. vous allez réveiller celles qui dorment."
Et me voilà montant les quelques marches du grand escalier, quatre à quatre, ce qui n'est pas gagné vue l'heure tardive et mon arthrose qui me titille la hanche! c'est plus d'mon âge ce genre de cavalcade!!!
Attroupement de trois résidents dans une chambre, l'un armé d'une paire de ciseaux, l'autre d'un balai et le dernier d'une tapette à mouche. Et tous de piailler en regardant le mur, horrifiés et terrorisés!!
Un magnifique spécimen, à la verticale juste au dessus du lit d'un de ces messieurs. Et les voilà armés jusqu'aux dents, prêt à en découdre avec cette grosse bête, mais reculant de trois pas à chaque fois qu'elle fait mine de bouger une antenne! Moi qui ai une sainte horreur des insectes, mais une furieuse envie d'aller dormir en paix d'ici peu, je prends mon courage à 2 mains, j'attrape la boite à coton tige sur le lavabo, la vide et m'approche de la bestiole, tel le chevalier Bayard sans peur et sans reproche, au milieu de tous ces mâles en détresse! mouarfff!!!
Même si intérieurement je n'en menais pas large, je ne voulais pas leur laisser le plaisir de zigouiller la bestiole et en plus de me ridiculiser là où eux mêmes étaient aussi apeurés que moi!!!
Z'allez voir c'que vous allez voir mes p'tits gars. Vot' vieille éducatrice qu'est même pas foutue de faire une ballade en vélo ou une séance de fitness, elle va vous en débarrasser de cette immense chose verte!
Ni une ni deux, j'aplatis la boite sur la bêêête, je la glisse le long du mur jusqu'à l'angle, et hop je ferme avec le couvercle! Dehors le monstre! ( heureusement que ce n'était pas une araignée parce que là tant pis. ils se débrouillaient!)
Je crois que sur ce coup là je leur en ai bouché un coin, et j'ai récupéré chez certains un peu d'estime que j'avais perdu en les asticotant sur certaines limites à ne pas dépasser dans un lieu de vie en communauté. Les caïds n'ont pas place ici, sauf moi hé hé! Pour cette fois! Pas toujours commode la Cathiminie au boulot!, mais là je suis la chef du gang chasse sauterelle!!!
Et je ne vous parle même pas des invasions de fourmis dans la cuisine, des mouches qui nous harcèlent à longueur de journée au point d'arriver à en tuer plus de 50 par jour...
C'est vraiment pas de tout repos la flore et la faune dans un foyer de personnes qui aimaient tant les plantes et la faune nocturne citadine!
samedi 20 septembre 2008
hallucinations
"Parfois, je suis comme hors sujet"
"Je vois des gens qui me poussent à faire des choses qui ne sont pas moi"
" La voix me dit de me foutre bas"
" Je ne connais les sentiments que parce que je les voie dans les feux de l'amour"
Leur réalité...douloureuse, inquiétante mais si vrai!
jeudi 3 juillet 2008
Fin et commencement...ou l'inverse?
Il y a à peine quelques heures, je suis rentrée chez moi après 26 heures passées dans la tourmente d'émotions contradictoires. Les citer toutes seraient fastidieux.
8H: 1ère réunion d'équipe avec le nouveau responsable éducatif (eh non c'est pas moi pour ceuxce qui n'auraient pas suivi). Bel acte manqué pour une 1ère: je n'ai pas entendu mon réveil, et du coup un quart d'heure de retard pour cette prise de contact. Emotions contradictoires N°1. Désirs d'avenir et retour vers le futur ça vous évoque quelque chose? moi oui!
mercredi 10H30 à jeudi 10h30: la surprise du chef. Toute l'équipe éducative préparait depuis quelques semaines un au revoir spécial à notre chef sortant. Organisation au top, il ne se doutait de rien malgré tous les indices qui jalonnaient les préparatifs. Mais c'était sans compter sur la discrétion et la complicité du directeur de la Fondation, de l'épouse de notre responsable et notre sens pourtant pas inné de la dissimulation hypocrite pour la bonne cause ( promis juré on va pas refaire ça de sitôt). Une journée complète avec son équipe pour un sentier de randonnée jalonné d'étapes gourmandes et une soirée et nuit dans une cabane d'alpage autour du feu, à refaire le monde, rire, boire, chanter et pleurer aussi... Ceux qui seraient tenté de plaindre le pauvre ex chef de devoir subir notre présence une journée entière, hors cadre professionnel,se mettent le doigt dans l'œil
jusqu'au coude! Emotions contradictoires N°2: liens professionnels d'une qualité exceptionnelle, et mélange d'affection quasi filiale pour un homme d'une qualité humaine tout aussi exceptionnelle. Je ne saurai décrire les sentiments de colère d'abord ressenti à l'annonce de son départ. Il ne pouvait, ni ne devait partir, suivi de la joie d'être reconnue dans mes compétences quand il m'a proposé de poser candidature pour le poste, suivi de son écoute attentive et non jugeante quand j'ai traversé ces gros problèmes de santé, sa confiance renouvelée à mon retour même avec mes capacités physiques diminuées...je ne continuerai pas la liste, ce serait trop long. Lui, une autorité naturelle, un homme de cœur, un professionnel expérimenté et compétent, qui a toujours su nouer position d'autorité sans pouvoir abusif, et sens de la justice. Un chef comme j'en ai peu eu! En d'autres circonstances, il aurait pu devenir un ami. Il n'y a pas de mots pour décrire mon émotion à le voir nous dire au revoir ce matin après un ultime café pris ensemble. Le ciel pleuvait aussi fort que mon cœur se déchirait. Et pourtant la veille au soir, je riais aux éclats après lui avoir chanté un au revoir tout particulier, accompagnée de la chorale improvisée par mes collègues. A écrire ce résumé , j'en ai encore la gorge qui se serre.
Saurais je apprécier tout autant le nouveau chef? Me reconnaitra t il dans mes compétences et acceptera t il ma personnalité très "tranchée"? Aura t il cette humanité nécessaire mais aussi cette rigueur et cette autorité naturelle indispensable à l'accompagnement des personnes accueillies au foyer? Lundi soir, les résidents anciens et nouveaux lui ont offert un cadeau qui en dit long: une médaille gravé à son prénom avec la mention du meilleur papa! Le discours prononcé par un des résidents le remerciait pour ce qu'il n'avait pas fait, dans le sens de tout ce qu'il leur avait laissé expérimenter, en étant seulement là pour les guider, sans imposer, permettant les expériences les plus étonnantes, mais aussi pour les limites posées et tenues. Pour nous les éducs, pour moi la psychologue déclassée, il avait aussi cette attitude. Je ne dirai pas paternelle, mais simplement attentive et à l'écoute. Un re-père pour les résidents anciennement à la dérive, un collègue solide et responsable pour l'équipe.
Difficile d'imaginer un autre responsable, mais surtout difficile dans cette ambiance chargée émotionnellement de lui laisser faire sa place. Il va pourtant bien falloir la lui laisser prendre, l'accepter...ou partir?
mercredi 21 mai 2008
Brève de boulot : écriture clinique
J'ai écrit son cas, mardi, studieuse pendant 5 heures (c'est si peu), avec l'envie de bien dire comment je le percevais, ce qui me paraissait signifiant dans le peu qu'il donnait à entendre et le trop qu'il donnait à voir.
Je présente sa situation le 14 juin à Lyon, avec comme question "quand parole et demande ne vont pas de soi: la question de l'obligatoire".
Un peu abstrait comme titre, certes, mais ce jeune homme est de ceux là. Il ne parle pas ou si peu, ne demande rien d'autre que d'être responsable, mais il est soumis à une obligation de soins par la Justice. Ce n'est pas un gentil résident qui applique le règlement du foyer, en s'autorisant parfois quelques manquements. Non, lui, il insiste dans la transgression, dans le cynisme et l'ironie, dans le discours tout fait par d'autres,qu'il s'approprie comme on récite une leçon mal apprise, les mêmes autres qui lui reproche de ne pas faire comme c'est prescrit. Il fonctionne comme cela depuis si longtemps!
Forcément ce ne sont pas ses mots à lui, pas sa demande, pas...son désir? Mais quel est il? Il s'énerve, se ferme, s'enferme dans sa chambre ou dans sa tête...et finit par boire et boire et boire encore, et quand il ne boit pas il trouve d'autres produits...il cogne, se blesse, blesse les autres...pour pouvoir dire enfin..."pour pouvoir être responsable".
Et là pendant mes congés, il a bu "pour exister et être responsable", et il a enfin pu dire qu'il veut retourner en prison pour finir sa peine, il a pu dire qu'il veut être suivi en ambulatoire après son emprisonnement, et seulement s'il le désire? Il lui fallait l'alcool pour exister dans sa parole. Pas le meilleur moyen de se faire entendre, pourrait on rétorquer. Mais pour l'instant c'est le seul qu'il ait trouvé. Il n'en avait pas d'autre à sa disposition.
Alors oui, je reprenais mon travail aujourd'hui, alors oui, j'espérais reprendre mon suivi auprès de lui, alors oui j'espèrais que ma présentation du 14 juin éclairerai ma façon de l'aborder et de cheminer avec lui pour qu'il lâche l'alcool ou la drogue et qu'il puisse enfin se dire. Mais tout à l'heure je l'ai félicité d'avoir pu enfin dire un peu de son désir, quelque soit le support choisi. Il lui faudra encore cheminer longtemps pour qu'il lâche ce mode d'existence, il serait mieux pour lui qu'il puisse s'exprimer sans apport de toxique ...mais mon travail avec lui s'arrête là.
Mon travail consiste à entendre ce que chacun a à dire ou faire entendre et à susciter le désir là où il n'a que trop rarement le moyen d'être exprimé ou être entendu. Le moyen choisi est ravageur, mais pour en trouver un autre il devait peut être en passer par là!
C'est tout le paradoxe, et j'apprendrai beaucoup ce samedi 14 juin en présentant ce cas, singulier dans son histoire et son parcours, mais tellement fréquent quand on travaille dans des institutions accueillant des personnes comme lui.
lundi 31 mars 2008
reprise
Je reprends mon travail ce soir, à 17 h, après plus d'un mois d'arrêt maladie. Oh! non parce que je suis guérie, mais parce que je vais finir par m'encrouter les neurones et par devenir larve au foyer. Donc contente de retrouver la civilisation laborieuse et en même temps sans grand enthousiasme.
Rien à voir avec mon mal de dos qui est toujours là, (IRM lombaire mardi 10 avril, je vais devenir une habituée), mais plutôt avec le choc que fut l'échec de ma candidature au poste de responsable! (cf article du 13 décembre (ici).
Au départ, je n'envisageais pas postuler, je n'ai pas le goût du pouvoir et j'aime garder le contact "clinique" avec les résidents. Mais pour moi, ce poste représentait plusieurs opportunités:
- celle de retrouver le statut professionnel perdu en quittant la France,et jamais retrouvé en Suisse depuis 7 ans que j'y réside. J'étais cadre hospitalier et j'assumais des responsabilités, gérais mon emploi du temps, participais aux décisions de service. Depuis 2001, je ne suis que simple exécutante de décisions venant d'en haut, remplaçante pour quelques mois, ou simple éducatrice, même si mon expérience professionnelle dans mon domaine me permet d'influer certaines orientations thérapeutiques.
- celle de voir mon "pouvoir d'achat" quelque peu augmenté, moi qui tire le diable par la queue tous les mois, surtout avec 2 enfants en études supérieures et un 3 éme au collège! Je m'voyais déjà dépenser pour un peu du superflu que je m'interdis. Je ne me plains pas puisque mon julamoi m'offre les vacances et les sorties resto, mais j'aime participer et je le peux rarement! Le père de mes enfants est à des kilomètres (au sens propre comme au figuré) de ces considérations financières!!
- celle surtout de ne plus partir au travail quand la plupart des gens en reviennent. Je ne travaille quasiment que de soirée et de nuit, et je dois jongler entre mes horaires de travail et mes activités sociales ou formatives. De plus, je ne peux décemment pas quitter le domicile pour vaquer à mes occupations, si je viens de faire un week end de boulot de plus de 48 h ou si j'ai 3 nuits hebdomadaires à mon actif et que mon activité choisie m'occupe une ou 2 soirées de la même semaine. Ou est ma vie "conjugale" et familiale dans ces conditions?
En même temps, je me rends compte que travailler me manque, j'ai besoin de ce contact avec le monde extérieur, j'ai besoin de réentendre les histoires de ceux que je reçois, pas pour m'en délecter mais pour me mettre au travail, avec eux, d'un processus de changement! C'est rapidement dit, mon travail réclamant un au delà de l'écoute ici et maintenant. En un mois et des poussières d'arrêt, j'ai l'impression que ma 3 ème oreille s'est bouchée, en même temps que j'ai cessé de participer aux groupes de travail de mon école de psychanalyse.
Voilà où j'en suis à quelques heures de ma reprise...toujours mal au dos, et ça n'a rien de psychologique. La sciatique, je l'ai depuis aout 2007,j'ai des problèmes lombaires depuis mon adolescence, mais ces derniers temps. je m'étais lancée à fond dans le travail en négligeant ma santé, et à l'annonce du refus de ma candidature, mon corps et mon esprit ont cessé de lutter! Et tout s'est cassé en même temps. A quoi bon être cordonnier si on ne peut se bien chausser, n'est ce pas??? Trop connu pour que j'y échappe à ce genre de proverbe!
Pas de solutions pour le moment, toujours en attente de ce que donnera mon IRM lombaire...parce que si je dois passer sur le billard, autant que je ne cherche pas un autre job...alors attente...voyage en Crète...vacances d'été...et j'aviserai plus tard de mon avenir professionnel!
mardi 8 janvier 2008
sous la voûte céleste...
Je bosse comme une dingue depuis jeudi après midi. Peu de répit pour venir écrire. Tout ça pour quoi...pour vivre des moments de joies, de peines, de lassitude, de rires auprès de ceux que je côtoie depuis tant d'années.
Tranches de vie:
Lu dans le cahier de transmission, qu'il doit retourner en prison,qu'il est sous mandat judiciaire et qu'il a enfreint maintes fois le règlement du foyer,en risquant en plus d'y entrainer de plus fragiles que lui. C'est terrible de devoir prendre cette décision, parce que au delà de ces comportements destructeurs pour lui même, c'est un type bien. Comme tout ceux qui vivent dans ce foyer et tous ceux que j'ai croisé dans ma profession et dont on oublie trop souvent que ce sont des hommes et des femmes blessés par la vie. Ils portent tant d'étiquettes qui rayent ce qui rend chaque homme unique et irremplaçable. Je ne bosse pas pour voir les gens retrouner en prison. Mais après plus d'une heure d'entretien individuel, il ressort que pour lui, la prison est une solution d'apaisement à ce qu'il vit intérieuremnt. Un apaisement plus sécurisé que l'héroïne. Alors, je l'ai accompagné jusqu'à la porte, menotté les mains dans le dos et encadré de 2 policiers, il m'a souri et m'a dit à bientôt. Oui à bientôt pour continuer ce chemin commencé dans ce foyer!
Partie de cartes avec 3 d'entre eux. je suis une piètre joueuse, je ne compte pas les atouts, j'oublie quelles cartes sont sorti...bref la Calamity Jane du cercle des joueurs confirmés. mais ils viennent me chercher, chahutent mon manque de concentration, rigolent de mon auto dérision, guettent mes sourires jusqu'aux oreilles qui annonce systématiquement que je vais poser une carte du tonnerre!!! Jamais on ne s'ennuie à jouer aux cartes, même si il ne règne pas un grand silence autour de la table. Idem au baby foot où je chante les buts des latins avec un Olé tonitruant, et les buts suisses avec un yodle picardisant!
Coup de gueule parce que la liste des courses pour le camp de ski n'est pas établi, la liste des personnes devant préparer les repas pas complète... c'est pas faute de l'avoir répété et re et re re répété. mais c'est comme pisser dans un violon pour en faire sortir un son. Du coup, courses à la va comme je te pousse, avec le premier résident levé, plein de bonne volonté. Deux tempéraments latins, avec tchatche et parlé haut dans les rayons de la Migroche, calculette dans une main, liste de courses de 3 kilomètres dans l'autres à pousser 2 caddies énormes en 2H chrono!!! "Et le 1er qui râle qu'il manque quelque chose je le pends par les pieds" " Avec moi vous devrez monter sur un tabouret et faire de la muscu, parce que je suis plus grand que vous. Alors d'abord il manque"....gggrrrrr et éclat de rires!
Départ lundi matin pour un camp de ski d'une semaine où j'assure les 2 premiers jours. Les affaires sont normalement prêtes à être chargées dans le bus, tout le monde a son snow, ses skis..." ah ben moi j'ai pas de lunettes de soleil" " ben moi j'ai pas de duvet"..."moi j'ai pas trop envie d'y aller à ce camp!" Bon, pire qu'un départ en vacances avec la smala au complet! En arrivant au télécabine, trop de vent, la télécabine
n'ira pas au sommet. Seuls les skieurs peuvent prendre un tire fesse pour le dernier tronççon jsqu'à 2300 m mais pour les non skieurs ( comme moi)...ben! " oh pas grave on repart" " NON!!". " Ben vous n'avez quà monter en raquettes ou dormir dans la voiture jusqu'à ce que le vent se calme" "Non!" " Bon ben quoi! Faut trouver une solution quand même! Vous êtes payés pour ça¨" Il mériterait que je lui colle sur les bras les 3 tonnes de matos et de bouffe qui doivent aussi être acheminées en plus de 2 résidents et moi même jusqu'à 2300 m d'altitude!" Jolie ballade en dameuse à 3 à l'heure au milieu des sapins et sur les pistes enneigées!
Et hier soir, promenade dans la neige sous le ciel limpide et bleu de la nuit, à 2300 m d'altitude, seuls au monde à regarder les milliers d'étoiles briller!!! C'est beau la vie, hein!

Je suis redescendu de la montagne sans cheval oh hé...tout à l'heure... avec pleins d'autres tranches de vie en tête et dans le coeur...mais ce serait trop long à raconter...et c'est secret...professionnel bien sûr.
Ce soir je fête ma 1ère année de vie commune avec mon julamoi...c'est beau aussi cette vie là!
Dans la télécabine
jeudi 22 novembre 2007
brève de boulot
..."parce que vous croyez qu'une femme peut me dire ce que je dois faire ou pas?"
" Mais je suis une femme moi aussi, et je vous dis que là vous devez ranger la cuisine maintenant! Il est 22h et vous allez réveiller tout le monde si vous faites plus tard"
"Oui mais vous c'est pas pareil?"
"ah bon? qu'est ce qui n'est pas pareil?"
"ben vous avez le double de son âge."
"!!!!???? :-("
La femme à laquelle il ne veut obéir a 28 ans...argh!
J'ai carrément pris une décennie en 2 mn!!
Bon ben bonne nuit...je suis épuisée, pas étonnant à mon âge...et encore au boulot...Quoique à 60 ans je risque encore d'y être à ce boulot, mais Dieu sait quel âge me donneront les résidents!!! Déjà que je suis la doyenne du foyer...être éduc et travailler de nuit ça ne conserve pas sa bonne femme, c'est à croire, surtout si on attrape autant d'années en si peu de temps!
lundi 19 novembre 2007
entre déprime et révolte!!!
Je crois avoir identifié ce qui me rend aussi morose et vide ces derniers jours! Après avoir accusé le rhume, la neige, le froid,mon âge, la fatigue et que sais je encore, je sais ce qui m'a foutu un coup au moral.
Actuellement, je travaille dans un foyer qui accueille des toxicomanes. J'aime les rencontres avec ces exclus du monde, que je côtoie au fil de mes emplois depuis plus de 20 ans: malades mentaux, toxicomanes, alcooliques, clochards, jeunes adultes en rupture sociale, sortants de prison. J'apprends beaucoup à leur côté et j'ai encore envie d'apprendre, mais pas dans n'importe quelle condition!
Mais dernièrement un certain nombre de contrariétés professionnelles (et ce qui en découle) sont venues ternir mon dynamisme, m'empêchant pour un temps de voir la vie en rose:
Des horaires de plus en plus déments, que, jusqu'à présent, j'arrivais à gérer avec mon chef, ce qui me permettait de pouvoir aller me ressourcer dans 2 "formations", une fois par mois ( une à Lausanne et une à Lyon). Mon chef ne me plaçait jamais de service le jeudi soir non plus, et je pouvais alors conduire (à 1/2 heure de voiture) mon plus jeune fils à son cours de guitare, rendre visite à mes 2 grands enfants et aller chanter dans le chœur auquel j'appartiens, depuis bientôt 4 ans. Un emploi du temps bien organisé qui me permettait de continuer à avoir une vie sociale, familiale et intellectuelle, malgré les contraintes d'un emploi du temps incluant des nuits et un week end de travail par mois. J'allais travailler avec plaisir, prête même à rendre service pour dépanner un collègue. Mais les restrictions budgétaires étatiques empêchent la Fondation qui m'emploie de créer un nouveau poste d'éduc à temps partiel. Du coup, pour assurer le fonctionnement 24H/24 de ce foyer, les éducs en place doivent subir des emplois du temps d'une rigueur qui ne tolère aucun écart. C'est ainsi que j'ai du aller assurer mon week end au plus mal de ma grippe, une absence s'avérant ingérable pour rééquilibrer les temps de travail des uns et des autres. Mais ce n'est pas tout! Sur 5 semaines de congés payés par an, avec 43H de travail hebdomadaire, nous ne pouvons prendre que 2 semaines de vacances consécutives et la plupart du temps en dehors des vacances scolaires (et jamais pour Noël et l'An), puisque nous sommes 5 sur 9 à avoir des enfants scolarisés, et qu'un seul éduc à la fois peut prendre ses vacances.C'est vrai que j'ai ainsi pu obtenir, enfin, 2 semaines de congés à Pâques 2008! Toujours le même problème d'effectif, pour assurer une ouverture permanente. Même si mon chef de service n'y est pour rien, que je l'apprécie beaucoup, je lui en veux de ne pas plus se rebeller et pointer les incohérences de ce fonctionnement qui tue l'enthousiasme à travailler! Mais la rébellion c'est très français et les suisses voient ce que ça donne en France! J'en entends de toutes les couleurs sur les grèves et la politique française, moi la française qui se permet de râler, dans mon pays d'accueil!
Résultat de ces mesures drastiques: je vais travailler le jeudi soir de plus en plus souvent ( mon fils devra arrêter la guitare, puisque mon emploi du temps change chaque semaine...quel prof accepterait de fixer une heure de cours d'une semaine sur l'autre!) Je ne pourrai plus aller répéter les chants régulièrement.
Je vais travailler du 23 au 25 décembre non stop, et comme je ne bosse pas pour les fêtes de l'An , je suis notée d'office pour accompagner le camp de ski. du 7 au au 9 janvier 2008. Comme je ne skie pas, je garderai les murs, ferai la cuisine et le ménage...ce que je fais avec beaucoup d'aversion chez moi au quotidien!!! C'est vrai que j'aurai du faire des études d'aide ménagère! On en a toujours besoin!
Et la cerise sur le gâteau: je suis de week end du 12 au 14 janvier!! Et ma formation sur Lyon, cuvée 2008, démarre le samedi 12 janvier. C'est le jour où l'on s'inscrit pour présenter son travail clinique et je ne manque jamais de m'inscrire pour évoquer ma pratique. A quoi bon payer 200 euros de ma poche, déjà pas très remplie par le salaire médiocre qui m'est versé chaque mois, si c'est pour risquer de manquer la plupart des rencontres mensuelles, sans pouvoir rien y changer!
Et ma formation sur Lausanne, comment garantir que je pourrai m'y rendre après avoir déboursé de ma poche le montant de la formation sans compter les trajets et les repas...
Ces deux formations, dans ma pratique professionnelle me sont aussi nécessaires que les gammes et exercices pour un musicien professionnel! De plus j'ai ouvert un cabinet privé sur mon temps libre, mais sans échanges sur ma pratique avec mes pairs, je risque fort de ne plus réussir à entendre mes patients comme ils le méritent!Si encore mes pateints potentiels se décident à s'adresser à moi! J'ai UNE patiente épisodique pour l'instant!
Alors voilà, je suis tiraillée entre baisser les bras et me replier sur moi même, sans mots dire, mais mon corps, dans ces cas là, parle pour moi et multiplie douleurs, infections, somatisations... Comme disait mon père quand j'étais petite: " hé ma fille...toi tu passerais dans une vigne que tu serais capable d'attraper le philoxera"...et ça commence...mes maux deviennent bavards ces temps...
Ou alors je me révolte, je rouspète, je crie mon indignation, je deviens désagréable aux yeux de tous, incapable d'accepter ce qui m'arrive, mais incapable d'envisager une solution viable! Tout le monde risque d'en prendre plein la g.....! Et moi avec!...et ça commence...je me suis hyper engueulée avec mon julamoi ce week end pour des broutilles, mais qui justement venaient pointer mon statut de femme au foyer tout juste mauvaise à faire le ménage, la bouffe et autres joyeusetés de la vie quotidienne. Ce qu'actuellement j'ai déjà l'impression de mal faire à mon travail!
P..... D. B..... D. M....!!!! Comment je me tire de ce mauvais pas!!! Chercher un autre travail alors que j'ai mis 6 ans et des mois et des mois de chômage entre 2 remplacements, pour dégoter enfin un job à durée indéterminé en dessous de mes qualifications et de ma formation...donc en dessous du salaire que je pourrais espérer! J'entends déjà les réflexions du style " te plains pas t'a un job!"
Je me résigne, puisque cela semble un mot d'ordre en Suisse, au risque de foirer ce qui marche bien, c'est à dire, amour, enfants et amitiés!!!
Je crois qu'en écrivant tout ceci je viens de passer de la déprime, à la révolte...la suite??? au prochain numéro d'une Cathiminie transformée en Catherpillar, en espérant qu'elle ne tombe pas en Cathalepsie sous peu!























