Aujourd'hui pour la 1ère fois j'ai participé à un atelier d'écriture, sans trop savoir en quoi cela consisterait, à part écrire bien sûr. Je vous passe les " c'était super et blablabla" sans intérêt mais tellement vrais.

Le thème en était le suivant: " Mentir plus pour être vrai" et portait sur l'autobiographie. Pour se mettre en situation d'écriture, l'animatrice nous proposa de raconter à la 1ère personne du singulier, la biographie d'un ...POIREAU! (ou d'une tomate)

Alors voilà mon texte écrit au stylo en 20 mn. Aie la crampe au poignet d'écrire sur papier et non en tapant sur un clavier.Il y avait longtemps que je n'avais plus repris un stylo pour écrire autre chose que des post it sur mon frigo ou au boulot!

" Vie et mort supposée d'un poireau...

Une petite graine plantée avant le printemps augura de ma naissance et de mon destin de poireau.

D'avant ma sortie de terre, rien! Aucun souvenir! Mais la 1ère image que je vis, m'éblouit à jamais! De la lumière, pâle aux yeux de certains. Mais je l'ai vécue comme une explosion: éblouissement, chaleur, fraîcheur, vent, bleu, blanc... Quel monde inquiétant mais aussi merveilleux m'accueillait? la 1ère surprise passée, je découvrais ce qui m'entourait. Une matière brune et pâteuse qui dégageait une odeur d'humus fraîche enserrait mon pied, si petit mais déjà enraciné profondément dans cette terre nourricière. Tout à coup, une sensation de froid me saisit. Qu'est ce donc qui coule sur mes frêles feuilles vert tendre. Un grand bien être m'envahit, et une fois passée la surprise. je sens soudain ma tête se relever, mes feuilles prendre de la vigueur. Je m'en ébrouerais presque, mais en tant que poireau digne, je reste immobile à savourer cette eau revigorante. Entre chaleur du soleil et fraîcheur de l'eau, quel bonheur d'être un petit poireau, bien ancré dans le sol, prêt à conquérir le ciel, si bleu, si beau, si haut!

Autour de moi, vivent d'autres légumes. du vert, du vert et encore du vert! Ah mais non, je vois poindre quelques touches de rouge et de jaune. A côté de moi, touchant presque mes jeunes feuilles, un congénère vigoureux me dépasse de plusieurs centimètres, et son habit m'émerveille. A l'admirer ainsi vêtu, j'ai envie de croître à toute vitesse. Quel modèle motivant! Son costume deux pièces  vert pâle quasi blanc aux pieds s'épanouit en un bouquet d'un magnifique vert profond, pointé vers le ciel, droit et fière! Je serai comme lui bientôt. Oui, Oui, vite de l'eau et de la chaleur que je pousse et porte aussi un jour ce bel habit tant rêvé, ce flambeau de ma famille!

De cette proximité de potager, je puisais mon énergie à devenir le plus beau poireau de ma rangée, dans ce jardin où j'étais né.

Mais que se passe-t-il tout à coup? Mon voisin tant admiré , voilà qu'une main géante l'arrache violemment de terre! Où l'emmène -t-on? Pourquoi cette main l'a ôté du jardin, loin de moi, loin de tous? Je n'y comprends plus rien, lui si beau, au port de feuilles si majestueux, si ferme? Et le pire, c'est que sur la rangée, d'autres subissent le même sort, arrachés eux aussi à la terre nourricière. Et moi? Est ce aussi le grand jour? Mais le grand jour de quoi? Pour aller où?

La peur m'envahit, mêlée d'excitation d'entreprendre un voyage vers des lieux et des expériences inconnues. Quand mon tour viendra-t-il? Mes sentiments partagés ne me quittent plus, et malgré mon bonheur sans cesse renouvelé d'être inondé de soleil, abreuvé d'eau claire et nourrit de terre qui me font pousser et verdir, je garde l'incertitude, la crainte et l'envie du jour où...?

Et ce jour arrive enfin, par un froid matin d'automne. La main s'approche de moi, me saisit par la base de mon costume enfin identique à celui de mon ex voisin de rangée. Tout géant qu'il est, il lui faut s'y reprendre à 3 fois pour pour m'arracher du sol. La terre est dure et gelée et me serre un peu fort le pied. Je tremble. De peur? De froid? Certains de mes amis sont sauvagement piétinés, parce que leur habit a viré au brun verdâtre, et que leur tige est toute flêtrie. Mon beau costume m'a sauvé de cette fin si triste pour un poireau hier si vert! Mais moi qui ai enfin mon beau costume, me voilà du voyage vers l'inconnu. Une nouvelle vie s'ouvre à moi! Enfin! Je vais pouvoir retrouver mon compagnon de rangée, parti depuis si longtemps, et lui faire admirer mon beau costume vert et blanc, aussi beau que le sien. Même si pour cela il me faut dire adieu à ma terre tant aimée.

A partir de cet instant, ma vie s'est transformée et j'ai vécu dans un émerveillement continu, en découvrant le monde qui m'entourait et dont je n'avais jamais pu soupçonner l'existence, du haut de mes quelques centimètres de poireau enraciné. Je ne me lassais pas de ce que je découvrais autour de moi. Des lieux incroyables où je croisais certains de mes compagnons et compagnes de potager, eux aussi perdus mais émerveillés.

Puis tout à coup, la main m'enferma dans un tiroir sombre et glacé et là ce fut la peur qui soudain m'envahit..."

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Tiens je me mangerais bien un papet vaudois moi! Mais c'est une autre histoire...

papet-vaudois