mardi 16 juin 2009
Petits plaisirs à la façon d'Amélie Poulain
Taguée il y a plusieurs jours par Pascal, j'avais écrit une note mais elle a disparu prisonnière de la toile. Arachnée veux tu la lâcher?
Mais il n'est pas trop tard. Je n'ai pas l'intitulé exact mais il s'agissait de citer 3 petits plaisirs de la vie quotidienne. 3 seulement ce n'est pas beaucoup mais pour une fois je ferai court:
1. ramasser des cailloux sur les chemins, mais pas n'importe lesquels. Seulement ceux qui me font signe: couleur, forme, particularités évocatrices de souvenirs ou de sentiments. Et je les les garde un peu partout depuis que j'ai déménagé de ma maison. Dans mon sac à main, ma voiture, mes poches, des pots de confitures vides...il va falloir que je retrouve très vite mon plat en bois qui contenait déjà mes merveilles des années passées.
Texte écrit en 2005 dans un autre chez moi
A chaque promenade elle ramasse une pierre, un caillou, une parcelle minérale, un coquillage.
Son regard, sans chercher, se pose sur une forme, une lumière, une couleur, une bizarrerie.
Elle l'enfouit dans sa poche et dispose son trésor sur un grand plat en bois au milieu du salon.
De mer, de désert, de campagne,
De rivières, de torrents,
Pierres cassées ou polies,
Pierres trouées ou striées,
Quel est votre secret que même elle, ne sait lire.
Et pour les faire chanter, elle enfonce ses doigts dans leur berceau de bois,
Caressant au passage la douceur d'un galet,
Ressentant le froid d'un éclat de marbre,
Grattant la rugosité d'un gros morceau de grès,
Effleurant la fragilité d'une rose des sables.
Elle choisit l'un ou l'autre de ces morceaux de temps, elle le respire,
Imaginant l'odeur de la terre, de l'eau qui l'a accueilli avant qu'elle ne le ramasse,
Elle rêve à d'autres promenades,
En chantant.
" Pierres, pierres, mémoire de la terre,
Pierres, pierres, raconterez vous mon passage?
Pierres, pierres,
Et passe, temps s'efface,
Mémoires qui passent.
Pierres, pierres,
Raconterez vous mon voyage?"
(poème de Caroline Charrière)
2. manger avec les doigts dès que la bienséance me le permet, les frites, les fruits, la salade encore humide d'avoir été lavée, les os des côtelettes d'agneau grillées, les miettes rescapées d'un fromage ou d'une pâtisserie...pour pouvoir ensuite me lécher les doigts avec un plaisir d'enfant retrouvé
3. siffler l'air qui me trotte dans la tête quand je pousse mon caddie ou que je me promène dans la rue. Pour le plaisir du feed back dans mes oreilles de la musique et surtout pour celui de croiser les regards des personnes qui entendent: soit souriantes, soit surprises, soit perplexes, soit indifférentes...une femme qui siffle et en public ce n'est pas si fréquent. PArfois je chante aussi mais ça n'a pas le même effet! Le plus merveilleux c'est quand un autre se met à siffler. Comme s'il pouvait s'autoriser puisque déjà quelqu'un le fait!
Il y en aurait bien d'autres encore mais je suis disciplinée et je ne veux pas agrandir ma réputation de bavarde même si elle n'est plus à faire!
dimanche 7 juin 2009
en grève?
Voilà Arachnée qui me demande si je fais grève d'écriture? En voilà une question pertinente! Je ne pense pas faire grève parce que je n'ai rien à revendiquer.
Cela fait 3 semaines que je suis incapable d'aligner plus de quelques mots d'une navrante banalité, qui ne sont que le reflet de ma vie actuelle. Enfin pas tout à fait, tout de même, mais c'est une autre histoire!
Je viens de me rendre compte que l'année 2009 en est à sa quasi moitié et que depuis nos vœux convenus (mais non moins plaisants) de bonne année, il s'en est passé des évènements dans ma vie. Je ne reviendrais pas dessus, ils furent, et demain est beaucoup plus intéressant à envisager. Le hic c'est que c'est plus facile à écrire qu'à mettre en pratique!
J'ai le sentiment confus que je passe un tournant assez raide, style 180° mais que je ne veux pas risquer de partir dans les décors! Alors mon esprit si souvent en ébullition, mon corps toujours en mouvement, même ceux que je ne devrais pas faire, ma vie, en général a besoin de ralentir. Sans vraiment me concentrer sur des projets précis, je dois dire que je me laisse vivre, avec parfois l'étrange sensation de me perdre et d'y perdre du temps, mais parfois aussi la certitude que ce laisser aller encore balbutiant est nécessaire à mon devenir. Difficile d'expliquer ce qui m'arrive, et qui n'est pas sans générer quelques angoisses dont je me passerais bien, mais comme tout passage, il est des moments plus difficiles que d'autres. je suis partagée, divisée ce qui me rassure sur ma santé mentale dirait la tribu de pros que je côtoie dans mon travail!
En comparaison pour tenter d'expliquer ce que je vis ou subis ou espère:
A la naissance le bébé se sent bien dans le ventre maternel et en même temps pour des raisons vitales et de place, il lui faut naitre et quitter ce cocon doux du ventre maternel.
A l'adolescence, rebelote, quitter le monde de l'enfance n'est jamais simple. Je me souviens de mon adolescence tourmentée, et en regardant mon dernier traverser les mêmes tourments existentiels que les miens à son âge, je me dis que c'est une période essentielle mais si difficile à vivre parfois. Pourtant la vie s'ouvre à ce moment à tous les possibles.
Des tournants, j'en ai pris quelques uns de plus ou moins bien négociés, mais là je me sens dans le même état que mon adolescent de fils, tant du côté des amours que de ma vie professionnelle ou amicale. Sans être une adolescente attardée, j'en ai les mêmes interrogations, avec en sus tout le poids de mes expériences de vie!
Je peux vous garantir que ça fait bizarre de se sentir adolescente à l'âge de 48 ans mais d'en mesurer tout l'enjeu. J'ai une gamme de possibles face à moi, j'ai l'angoisse de n'arriver à aucun, et l'espoir d'atteindre des buts certainement idéalistes, mais tant pis! J'y crois!
Alors que me manque t il pour continuer à avancer?
C'est bien là que je coince, que je traine, comme en une poche rassurante ou aucune décision ne doit être prise sur un coup de tête. mais est ce si mauvais? je ne sais pas, même si ça ne cadre pas avec l'image que j'ai de moi, et que surtout les autres ont de moi!
Voilà en "pas résumé" du tout, le pourquoi du comment du peut être je n'écris plus beaucoup ici!
Et parce que, dans cette parenthèse, il existe un autre qui peut être se trouve dans la même situation que moi! Hypothèse à vérifier, mais le temps ne presse pas. Je ne veux pas me laisser rattraper par les vagues dévastatrices et tsunamiennes qui font ma vie depuis plus de 11 ans!
Mektoub!
mercredi 13 mai 2009
Permis, amour et vacances
Que de joies et d'émotions en moins de 24 heures. Je vais finir par refaire un malaise avec tout ça! Mouarff! Mais cette fois je me garderai de le faire au volant.
Premièrement: J'ai ENFIN récupéré mon permis, aujourd'hui à 14H. Procédure levée, pas d'amende, et l'humour du juriste au téléphone laisse à penser qu'il s'était effectivement trompé de cible. Par contre je truciderais bien le médecin qui a refusé de prendre la responsabilité de me faire le document sésame qui m'aurait permis de récupéréer mon permis dès 4 jours!!!! Mais je ne vais pas bouder ma joie...j'ai déjà avalé quelques kilomètres avec un bonheur non feint!
Deuxièmement: je n'aime pas les histoires d'amour qui se terminent en queue de poisson ( et n'y voyez rien de grivois) Alors j'ai pris ma plus belle plume ( enfin mes doigts sur le clavier) pour déclarer ma flamme à mon amoureux. Et il a répondu. près de 20 mails échangée en 3 jours et un rendez vous hier soir une nuit passée ensemble, avec un tel bonheur de se retrouver. Même si rien n'est gagné et que je ne sais pas s'il y aura une suite. Mais au moins j'ai dit ce que j'avais sur le coeur et ce n'était que de mes tripes à mon clavier. Du direct...je vous ferai grâce des détails. Alea jacta est... mais je suis en paix avec moi même quoiqu'il arrive. Ne pas dire qu'on aime c'est peut être passer à côté d'une belle histoire. Quoiqu'il arrive elle aura de toute façon été belle, même si j'aurais voulu en éviter les souffrances de la rupture soudaine.
Troisièmement: un long week end de soleil et de mer en perspective( à l'Ascension) avec mon fils de 14 ans et ma fille de 23 ans LA
Quelques photos pour un avant goût ( c'est à 18 km de Fréjus et à 15 mn en voiture ( mais j'ai récupéré mon permis) de Mandelieu La Napoule!
mardi 5 mai 2009
Envoyé à La Liberté
Un courrier pour réagir contre la lourdeur administrative et la peur de prendre des responsabilités qui pourtant font parti de la profession de médecin.
La prévention des risques n'a- t- elle donc plus de limites? Comment peut on à ce point empoisonner la vie des gens et les faire passer d'honnête citoyen à dangereux délinquant de la route!
Il y a bientôt 3 semaines, le 19 avril 2009, j'ai fait un léger malaise que je qualifierais de vagal (émotif), suite à une forte douleur inattendue alors que je circulais au volant de mon véhicule sur l'autoroute A12. Me sentant mal, je suis sortie de l'autoroute pour aller me garer sur le parking de la Police cantonale où j'ai coupé le moteur. La douleur m'ayant surprise, j'ai commencé à respirer très vite, ce qui a provoqué de l'hyperventilation et m'a fait perdre conscience quelques secondes. L'ambulance est arrivée, appelée par mon fils, passager de mon véhicule, et j'ai été prise en charge par l'Hôpital, aux urgences.
Deux policiers sont venus m'expliquer sur place que j'avais commis une faute grave pour "malaise au volant", et que de ce fait mon permis m'était retiré. N'étant pas bien remise de mes émotions, j'ai signé le document qui attestait de ce soi disant malaise au volant! Mal m'en a pris puisque depuis ce jour, j'ai toutes les peines du monde à récupérer mon permis et à faire entendre que je n'ai pas eu un malaise au volant mais que j'ai été maitre de mon véhicule jusqu'à son arrêt complet sur une place de parc.
La police cantonale m'a entendue sur le déroulement des faits,le jour même de ma sortie de l'hôpital où je venais de passer une nuit en observation, mais en qualité de prévenue, amendable avec possibilité de transformer l'amende en Travail d'Intérêt Général. J'étais donc une délinquante de la route, au même titre que les personnes qui conduisent alcoolisées, sous l'effet de toxiques ou même sans permis!
Croyant en mon bon droit, j'ai donc attendu la décision administrative de l'OCN (office de la circulation et de la navigation)de Fribourg, ne doutant pas que la suspension de permis serait vite levée. Que nenni, puisque le jugement a confirmé le retrait jusqu'à obtention d'un certificat médical attestant que j'étais apte physiquement et psychiquement à conduire un véhicule. Là aussi dans mon esprit, pas de problème! Puisque l'Hôpital m'avait laissée sortir, que mon médecin m'avait demandé de prendre rendez vous courant mai donc sans urgences pour régler ce problème de douleurs, je ne pouvais qu'obtenir ce certificat rapidement. Un coup de téléphone à l'Hôpital et l'affaire serait réglée! Et bien non!
L'Hôpital n'était pas en mesure de me fournir ce document, les médecins vus sur place non plus, parce que travaillant dans une spécialité qui n'a rien à voir avec la conduite automobile (gynécologie). Ils m'ont donc renvoyés vers mon médecin généraliste. Il n'avait reçu aucun compte rendu de mon hospitalisation donc ne pouvait délivrer de certificat sans connaitre les raisons médicales de mon séjour là bas. Je rappelle donc l'hôpital, qui me renvoie au cabinet privé des gynécologues venus m'ausculter. L'un des deux étant le médecin que je consulte régulièrement, il finit, devant mon insistance et ma détresse, par me promettre d'envoyer un rapport circonstancié à mon médecin généraliste. Je prends rendez vous avec celui ci, lundi 4 mai, avec cette fois la certitude d'obtenir ce fameux sésame pour récupérer mon permis. Eh bien toujours non!
Le rapport n'est pas parvenu chez le généraliste, qui bien que semblant convenir de la nature vagale (émotive)de mon malaise, ne veut pas prendre la responsabilité de signer un tel document. Il me promet de prendre contact avec le médecin spécialiste dès l'après midi et de me recontacter. J'ai appelé tout à l'heure, parce que sans nouvelles, pour m'entendre dire qu'il ne peut prendre cette responsabilité et qu'il doit m'envoyer chez un médecin conseil habilité par l'OCN. Il fera parvenir mon rapport par courrier à ce nouveau médecin qui demandera à me rencontrer et qui statuera sur mon cas! J
e crains fort de ne récupérer mon permis que dans plus d'une semaine au mieux.
Toutes ces démarches n'ont pu se faire que par téléphone ce qui ne facilite pas la communication et encore moins la circulation rapide de l'information me concernant. Le médecin généraliste vu lundi ne semble pas souhaiter me communiquer les raisons qui l'ont fait reculer à me délivrer ce certificat et ne veut pas prendre la responsabilité de me le délivrer.
Mais pourquoi ne pas m'avoir envoyée directement à ce médecin conseil? Pourquoi faire trainer les choses, ce qui me mets dans une situation délicate à bien des titres! Je travaille dans un lieu où je suis censée avoir un permis de conduire, et si mes collègues ont jusqu'alors réussi à s'arranger de ma situation, il y a fort à craindre que cela devienne très compliqué à gérer. Serais je mise à pied? C'est une possibilité que je n'ose même pas envisager.
De plus je vis seule avec mon fils de 14 ans, dans un village de la campagne fribourgeoise, certes desservie par le train, mais je passe un temps incroyable pour aller d'un point à un autre, avec impossibilité d'assurer les transports de mon fils sur ces lieux d'activité extra scolaires ou autres. Je ne peux plus faire mes courses autrement qu'au jour le jour, ce qui s'avère parfois impossible au regard de mes heures de travail. Mes déplacements extra professionnels en France prennent le double de temps. J'en passe de ces désagréments qui rendent parfois la vie bien compliquée au quotidien, comme de se rendre à pied chez le médecin généraliste qui a son cabinet dans un autre village de campagne non desservi par le train!
Si j'avais commis une faute grave, comme excès de vitesse ou ivresse au volant, je pense que je mériterais la punition infligée, mais là! Quelle faute ai je donc commise? De quoi suis je coupable? D'avoir fait un malaise sans préméditation, et de n'avoir pas eu la présence d'esprit de sortir de mon véhicule avant de me sentir mal? Il ne se serait agi dans ce cas que d'un malaise sur la voie publique! Punit on les gens dans ce pays pour le tort de ressentir une douleur et de ne pas la supporter stoïquement? Un autre conducteur aurait été présent dans le véhicule, personne n'aurait trouvé à redire que je cède ma place à ce conducteur et qu'il me conduise chez un médecin!personne n'en aurait rien su? Je suis en bonne santé physique et psychique et j'ai fait le nécessaire pour que les douleurs qui m'ont conduites dans cette situation inextricable ne se reproduise pas. Alors pourquoi n'y a t-il pas la même rapidité à rendre son permis à une honnête et prudente conductrice qu'à le lui ôter.
Le pire est que l'OCN m'a donné 20 jours pour obtenir ce certificat c'est à dire le 2 juin au plus tard. J'ose à peine imaginer ce qui arrivera si je ne l'obtiens pas en date et heure! Et combien de temps devrais je attendre pour que l'on me restitue mon bout de plastique rose? Quel est donc cette administration qui au lieu de protéger ses honnêtes citoyens des dangers de certains conducteurs, les enferment dans un fonctionnement qui les mets à mal ( frais engagés, perte de temps, d'emploi à long terme9)
Un point positif toutefois: la Police cantonale m'a assuré que ma faute grave ne figurerait pas dans mon casier judiciaire. J'en suis ravie!
Je ne sais ce que vous ferez de mon témoignage mais je voulais juste signaler qu'un pays qui fait passer la bureaucratie avant l'intérêt des personnes qui y vivent, me semble bien mal en point. Et que des médecins habitués à prendre des tas de responsabilités dans leur métier, n'arrivent pas à déterminer si une personne est apte à conduire ou pas. Je travaille depuis de nombreuses années auprès de personnes toxicomanes ou alcooliques, et j'en ai vu et entendu si souvent se vanter d'avoir encore leur permis! Dans quel monde vit on!?
dimanche 3 mai 2009
envie de mer et d'océan
que ce soit chez Arachnée, ou chez Philémon, sans oublier Marcus ou sur bien d'autres blogs, la vue de ces photos océaniques me donnent la nostalgie de ce que j'appelle la mer... alors à défaut d'aller la voir, la sentir, la goûter, de si tôt, je ré-édite une note parue il y a longtemps dans un autre chez moi...et je m'en vais chercher où passer mes prochaines vacances pour savourer des retrouvailles si attendues et espérées! J'échange avec mes montagnes si ça tente quelqu'un!
Il était une petite fille...et la mer
"
Tu sais, je suis née au bord de la mer, mais je ne m'en souviens pas.
Mais je pense qu'elle se souvient de moi, parce qu'à chaque fois que je
me rapproche d'elle, elle m'appelle. Non, non, ne crois pas que je sois
folle, et que j'entends des voix. Elle m'appelle dans un langage que
seule je peux comprendre, avec une voix que seule je peux entendre,
avec une odeur que seule je sens. J'ai de la chance parce que
la mer je la vois souvent. Et quand je dis la mer, c'est soit la
Méditerranée, que j'aime pour sa chaleur, pour son calme rassurant,
pour ses poissons et ses oursins. Soit c'est l'Atlantique : je sais, je
ne devrais pas dire la mer puisque c'est un océan, mais c'est aussi de
l'eau salée, qui fait des vagues et qui sent si bon. Tous
les ans, ma grand mère nous paye des vacances au bord de la mer de
Bretagne, ou de Marseille à Perpignan. Elle est un peu sévère ma grand
mère, mais rien que pour le cadeau de la mer, je lui ferai un bisou
quand je la verrai. Moi j'aime les caresses, et comme
ma mère en est un peu avare , ou que ses caresses sont souvent
bizarres et douloureuses, j'aime mieux me rassasier de celles de la
mer. Elle n'est pas exigeante et m'accepte telle que je suis, quelque
soit mon humeur. Parfois je la boude un moment, si son contact est trop
froid, mais je ne tiens jamais longtemps à lui tourner le dos.J'y vais
doucement, la laissant me lècher d'abord les doigts de pied, doucement.
Je recule bien un petit peu, mais elle me donne ses vaguelettes qui
mouillent bientôt mollets, genous et fesses. A quoi bon résister! Je me
sens déjà si légère et je marche plus loin pour qu'elle enveloppe mon
ventre sans me faire sursauter de froid. C'est vrai qu'après cette
caresse sur la partie de mon corps la plus difficile à réchauffer, je
n'hésite pas à me plonger dans son eau si salée, et me laisser flotter
sur le dos, bercée par ses mouvements si doux que je pourrais m'y
endormir comme un bébé. Parfois je la chahute un peu, décidée
à la rencontrer rapidement, et pouvoir jouer avec elle. Alors je prends
mon élan et je cours à toute vitesse jusqu'à elle. Si c'est l'océan,
j'attends qu'elle soit revenue à des distances raisonnables qui ne me
fasse pas m'écrouler, épuisée d'avoir tentée de la retrouver en
galopant. Quand je me précipite dedans, des goutelettes jaillissent
d'elle, comme des éclats de rire qui retombent sur ma tête et font
s'écarter les autres baigneurs frileux. Je plonge tout entière dans ses
eaux transparentes, je pourchasse ses poissons que je vois plus gros
qu'ils ne sont, je fais des galipettes, des figures gymniques que je
serais bien incapable d'exécuter sur le sable ou en sport. Là avec
elle, je n'ai pas peur de retomber brutalement et de me faire mal, je
ne me sens pas lourde et gauche...elle me donne son soutien pour me
permettre de me transformer en sirène. Je ne sors de son eau que quand
mes lèvres violettes alertent mes parents qui m'ordonnent d'en sortir
pour que je ne prenne pas froid. Alors, je reste en contact avec elle,
enroulée dans ma serviette, en restant debout à la lisière des vagues,
qui font s'enfoncer mes pieds, loin dans le sable. Mais
quand elle est agitée, que ses rouleaux grondent et fracassent
coquillages, crabes et rochers, je ne veux pas y entrer. Je ne fais que
la regarder. Je ne veux pas qu'elle me fasse mal, mais j'admire sa
force et sa beauté en mettant de côté qu'elle peut être violente et
dangereuse. Je ne vois d'elle que son écume et les gerbes blanches
qu'elle envoie dans les airs en se fracassant sur les rochers. Elle
semble alors jouer avec le vent qui la fait se gonfler, avec les
rochers qui lui barre la route, mais elle est têtue, elle revient
toujours à l'assaut. Calme, sautillante ou agitée,
inoffensive ou déchaînée, je dois un peu lui ressembler, c'est surement
pour cela que je l'aime tant.
samedi 2 mai 2009
L'insoutenable légèreté de l'être
Le train favorise la lecture. Et comme je ne tiens pas à me faire regarder de travers en lisant les "3 essais sur la théorie de la sexualité" de Freud ou "l'hystérique, le sexe et le médecin" ou tout autre bouquin de psychanalyse, sans passer pour une obsédée, ou un être dangereux et infréquentable (ce que je ne suis évidemment pas), je me suis plongée dans un roman qui me va bien en ce moment. Je l'avais déjà lu il y a plus de 20 ans mais actuellement il pose et repose les questions existentielles qui me pourrisent la vie ces derniers temps. Alors les lires si bien exposées et romancées par Kundera, me fait un bien fou et relativise mes cogitations.
"L'homme ne veut jamais savoir ce qu'il faut vouloir, car il n'a qu'une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieurs. Vaut il mieux être avec Thérésa ou rester seul? Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n'existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation.[...] einmal ist keinmal,une fois ne compte pas, une fois c'est jamais. Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout."
Je ne partage pas cette affirmation, mais j'avoue que de la lire m'apporte un éclairage nouveau sur ce que je vis ou répète depuis ma naissance ou presque. En fait il vaut mieux lire "l'insoutenable légèreté de l'être" dans le train que des bouquins de psychanalyse qui ne parlent que de sexe et d'amour, même si au bout du compte il s'agit du même sujet! Tout est question de cadrage comme le dirait un cinéaste!
jeudi 30 avril 2009
Rencontres stroboscopiques
Contrainte et forcée de circuler en train depuis bientôt 2 semaines, je fais contre mauvaise fortune bon cœur et du coup j'essaye de tirer partie de ces voyages entre chez moi et le reste du monde! Bon ok le reste du monde pour le moment se résume à me rendre à mon travail, à la ville ( comme disaient nos aïeux des campagnes quand ils leur arrivaient de s' endimancher pour aller courir le guilledou dans le bourg voisin),ah oui à Lyon aussi le week end dernier! Vais je y prendre goût? Je suis tout de même un peu sceptique.
Quelques petites tranches de vie dans le train qui m'ont fait sourire, touché, énervé ou fait réfléchir.
Une heure de trajet pour parcourir les quelques kilomètres qui me séparent de mon travail, là où en voiture je mets 12 mnn, top chrono.
Mais après tout, je râle toujours que je n'ai pas le temps, je suis comme le lapin d'Alice au Pays des Merveilles, courant après un temps que je ne remplis pas toujours très judicieusement! Et là je me calque au rythme des horaires, des correspondances, des attentes sur les quais, des bruits du rail. Du temps perdu, je ne crois pas. Perdu sur quoi? Sur ma solitude à occuper, sur le ménage à faire, sur mon sommeil? J'avoue qu'observer les gens, rendent ces trajets presque plaisants. Un couple de plus de 160 ans à eux deux qui se caressent la main et se font des petits bisous sur la joue tout en devisant de la pluie et du beau temps, une jeune femme avec son tout jeune bébé sur les genoux, elle qui lui protège les yeux de la lumière trop vive du soleil et lui qui tourne la tête au moindre bruit, cherche sa main, enfoui son nez dans le pull de sa mère pour mieux repartir explorer son environnement du regard, un écolier adolescent boutonneux qui rougit à lorgner les boutons accidentellement dégraffés de mon chemisier, un étudiant, les bras chargés de livres et copies qui fait le paon intello face à un parterre conquis de jeunes filles en émoi se moquant pas mal de ses discours sur les mythes et religions, mais en lorgnant plutôt dans quel direction portera le regard de cet éphèbe beau parleur, un homme en vêtements de travail tout crotté qui me laisse sa place dans le train bondé et plonge dans la lecture du journal le Monde et me lance un sourire quand le train entre en gare,une adolescente, Ipod vissée sur les oreilles, qui semble dormir mais change machinalement de plage musicale sans même ouvrir les yeux...
Des tas de petits moments à grignoter, savourer, mais avec une particularité: pas un mot échangé entre tous ces inconnus, juste des regards, à peine un bonjour, un pardon, des formules de politesse convenues, qui n'ouvrent sur rien et sur personne. Chaque être plongé dans ses pensées silencieuses, rencontres aussi fugitives que les traverses de rails qui défilent sous mes yeux, m'hypnotisant tel un stroboscope dans une boîte de nuit! Petites lumières des gens du monde ouvrant sur des chemins inconnus...
En cherchant une illustration sonore pour cette note, j'ai trouvé cette vidéo et cette chanson qui résume un peu ce que je dis et surtout ce que je vis en ce moment. Le clip est très bien tourné et c'est Cathy qui prend le train.Je ne pouvais louper cette opportunité! Le nom de la chanteuse ne m'est pas inconnu puisque c'est une amie d'une de mes amies lyonnaises! merci à Graziella de me prêter sa chanson et sa vidéo.
mardi 28 avril 2009
STOP
Bon je crois qu'il faut que j'arrête de pleurnicher sur mon sort...c'est pas drôle à lire, à écrire et à vivre et en plus ça donne mauvaise mine! Pas comme ça que je vais réussir à trouver le grand Amour ( ok il existe pas forcément avec un grand A mais l'espoir fait vivre!)
Alors part one: d'abord me faire un ravalement de façade parce que les yeux gonflés et le nez qui coule c'est pas très sexy
Part two: écrire des notes plus dans mon style (cf Là et quelques autres du même accabit)
Part three: euh...j'vais trouver...alors à la prochaine...
ciao ciao avec un sourire
lundi 27 avril 2009
Y a t il un projectionniste dans la salle
Je l'ai écrit, je l'ai dit, j'ai transmis " c'est fini". Mais est ce fini, une relation qui possède le corps, qui emplit l'esprit la nuit, le jour, éveillée ou endormie? Je rêve qu'il m'écrit, qu'il me parle, son nom et son visage m'apparaissent si souvent au détour de ma vie. Du shopping à la FNAC samedi, où le moindre titre de CD, de livre, de DVD me parle de lui, parce que nous en avions parlé, que nous avions aimé, que nous avions regardé ou écouté ensemble. Et tant d'autres promesses de découvertes qui ne seront jamais. L'exorcisme du "c'est fini" ne fonctionne pas. En même temps je ne me sens pas déprimée et désespérée. J'ai ri, chanté et parlé ce week-end, certes beaucoup de lui qui aurait du m'accompagner, j'ai donné le meilleur de moi même pour présenter mon travail professionnel, j'ai lu calmement dans le train. Pas d'angoisses, pas de tortures, juste une tristesse immense et un désir non assouvi de le serrer contre moi, d'entendre sa voix, de lui parler, de reprendre le fil de notre romance à deux.
Quand on regarde un film et que la bobine se casse au beau milieu d'une histoire qui prend les tripes, ça fait rager, mais on attend patiemment que quelqu'un ou quelque chose remette le film en route. On sait que ça va redémarrer, et même s'il nous faudra quelques minutes pour replonger dans l'ambiance, nous reprendrons l'histoire jusqu'à son terme.
Serais je l'actrice d'un film dont la bobine s'est cassée et qui attends qu'on vienne la rafistoler. Parce que le film, lui, il est là dans l'autre morceau détaché de son début, il est fixé sur la pellicule,l'histoire va pouvoir se dérouler dès que les morceaux seront recollés. Et elle sera belle, et elle se finira comme le scénario l'aura prévu. A découvrir image après image dans une durée non établie.
Mais il doit y avoir grève de projectionniste,, parce que même si je sais et je sens que l'histoire n'est pas finie, je ne sais comment la recoller, lui faire reprendre son cours. L'histoire ne faisait que commencer, avec des promesses de lendemains qui chantent. Tant de choses restaient à découvrir, à construire ou à apaiser sur la durée.
Je n'aime pas les courts métrages, je préfère les films fleuve, qui démarrent torrent et finissent larges et calmes! Et celui là s'est cassé quand le fleuve n'était qu'un filet d'eau tumultueuse qui ne demandait qu'à gonfler pour donner un long fleuve tranquille.
Y a t il un projectionniste dans la salle pour recoller les morceaux?
mercredi 22 avril 2009
voilà c'est fini
J'ai fini par me dire qu'on éviterait le pire
Qu'il fallait mieux couper plutôt que déchirer
J'ai fini par me dire que p't'être on va guérir
Et que même si c'est non, et que même si c'est con
Tous les deux nous savons que de toute façon












