C'est ce que m'a écrit ma cousine bretonne! N'empêche que je fais partie de 3,5% de chômeurs de Suisse, et ça me plait moyennenement mais ça ne me rend pas malade non plus, faut pas exagérer!

En même temps, depuis le temps que je me plains de l'ambiance délétère sur mon lieu de travail, je devrais me réjouir. Le hic, c'est que le départ de l'ancien directeur qui m'a réglé mon compte avant de quitter les lieux, a signé le renouveau de cette institution où je travaillais depuis 9 ans et 4 mois. Le nouveau directeur est vraiment quelqu'un de bien, mais il n'a rien pu faire pour que je puisse être réintégrée. L'aurais je voulu? Lasse de ces horaires décousus, de la perte de mes liens sociaux et de mes activités after work, de ces alternances de veille de nuit et de travail de jour qui m'épuisaient.

Que de moments de bonheur, de colères, de découragements, de rires, de pleurs ai je vécu dans ce foyer!

Les résidents présents le jour de mon départ ont été si choux avec moi, la soirée s'est terminée en bataille de blancs d'oeufs battus, sous l'oeil même pas étonné de mon collègue/allié. Pas politiquement correct ce genre de chahut, mais tellement drôle, et on ne m'aurait pas viré pour ça, c'était déjà fait. Depuis le 31 janvier, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer, le temps est passé si vite, mais ce matin, j'avais une pensée pour mes collègues en colloque d'équipe. L'une de mes collègues devenue une amie et qui m'a tant soutenu pendant cette année noire 2013, m'a appelé pour m'annoncer le décès d'une résidente que j'aimais bien. Elle avait quasi mon âge, mais son chemin de vie l'a conduite à mourir seule dans une chambre d'hôtel. Son corps a lâché de tant d'excès. Paix à son âme et je suis sûre que là où elle est, elle rit! Nous avons beaucoup ri ensemble, malgré le drame de sa vie.

J'ai beau avoir été viré par un directeur/dictateur, je n'en suis pas pour autant anéantie et finie. Je ne vais pas faire baisser le taux de chômage suisse, en retrouvant un job rapidement malgré mon âge. Et j'ai bien l'intention d'utiliser toutes les aides proposées, contrairement à ma tendance naturelle de vouloir me débrouiller toute seule. Cette année 2013 m'aura au moins appris une chose: me faire aider n'a rien de déshonorant, mais seulement si c'est moi qui demande de l'aide. Et contrairement à ce que je pensais par peur, beaucoup de personnes m'offrent gracieusement leur aide, sans me l'imposer et sans se formaliser si je ne leur demande rien.

J'y ai gagné des ami(e)s, je me suis ouverte au monde, et j'ai l'espoir d'enfin m'enraciner sur une terre étrangère qui je l'espère deviendra ma terre d'adoption, tout comme l'ont fait mes enfants.

Alors haut les coeurs et que ma joie demeure!

 

2014-02-06 21

cartes offertes par mes collègues et les résidents lors de mon départ, et avec de si doux mots à l'intérieur