Me voilà devant ces termes avec beaucoup de scepticisme, de questions, mais face à une réalité qui ne laisse plus aucun doute sur ce qui empêche mon fils de 18 ans, de s'adapter au monde qui l'entoure comme le ferait n'importe quel jeune homme de son âge.

TED pour trouble envahissant du développement, et Asperger pour syndrome du spectre de l'autisme dit autisme de haut niveau. Le diagnostic se précise et même s'il n'en a que des traits précis, ceci explique ses difficultés à trouver sa place dans le monde qui nous entoure. De plus en plus hypersensible aux bruits qui l'assaillent, de plus en plus replié sur lui même, de plus en plus de troubles compulsifs sur lesquels viennent se greffer un syndrome dépressif, conséquence logique à son hypersensibilité et à son niveau intellectuel très élevé. Interactions neurologiques, environnementales, éducatives, phyiologiques? Un sacré écheveau à déméler mais où je me rends compte que je ne suis coupable de rien. juste responsable de ne pas avoir su m'y prendre plus tôt pour qu'il soit accompagné au mieux.

Longtemps j'ai cru n'avoir pas bien élevé mon dernier, l'avoir trop couvé, ne pas l'avoir assez poussé ou coaché ou accompagné. Mais comment aurais je pu admettre que je ne pouvais qu'être impuissante à gérer des troubles qui ne sont eux même pas clairement définis et surtout pas reconnus par toute la communauté médicale. Ne parlons même pas de certaines personnes de mon entourage qui par le passé ne voulait rien entendre de mes questionnements autour d'un trouble lié à sa prématurité, lié à son extrème sensibilité tactile et auditive, à son défaut d'empathie face à certaines situations difficiles, face à son cynisme...et j'en passe. Combien n'ont rien voulu voir ni entendre alors que la différence de mon fiston crevait les yeux, de moi, sa mère, qui le côtoyait au quotidien et avait à démêler tous les couacs de sa scolarité cahotique.

Une fois que le diagnostic, les tests neuro psychologiques seront terminés, la prise en charge psychothérapeutique commencée, j'espère vraiment, et lui aussi, qu'il pourra enfin trouver sa place dans ce monde si cruel avec les personnes différentes.

Il a énormément de potentiel, il semble aller bien, quand on parle avec lui, mais en privé, je le vois s'enfoncer vers un monde de plus en plus coupé des autres, même s'il a gardé quelques copains et sa guitare comme lien social.

J'espère que cette année 2014 sera l'année de la reconnaissance et de la prise en compte de sa différence, même si je l'avais perçue depuis longtemps sans savoir quoi en faire. L'office AI (reconversion pour adultes dits handicapés même si les adultes atteints du syndrome d'Asperger peuvent trouver leur place dans le monde sans présenter de signes extérieurs probants de leur différence) pourra ainsi entendre sa demande de formation professionnelle et lui proposer un accompagnement adapté à sa spécificité si peu connue du grand public et d'une majorité du corpus médical et social. Il a accepté d'en passer par là pour renaitre! C'est super!

Je me documente énormément sur ce syndrome d'Asperger ou autisme dit de haut niveau, mais peu importe le nom. Le but est que mon fils puisse être accompagné pour construire sa vie sereinement avec cette différence qui fait aussi son être de sujet, unique et irremplaçable. Il est capale et suffisament volontaire pour enfin trouver son style, sa voie (et sa voix aussi) dans ce tumulte du monde, où être jeune adulte est déjà difficile, mais jeune adulte avec un trouble autistique même à minima, peut s'avérer encore plus rude.

Bon courage mon fiston, tu y arriveras et nous t'y aiderons chacun à notre manière.