"Comme le disait déjà celui qui a su écrire "Le Petit Prince" : les roses c'est pour le souvenir. Et le souvenir embellit l'existence car il fait chanter l'absence, en tous temps et en tous lieux." Des milliers de roses pour mon ami Pascal, dont le combat pour la vie fut si intense. Je me souviendrai de lui aussi longtemps que ma mémoire me le permettra, avec joie mais aussi tristesse qu'il soit parti trop tôt. C'est toujours trop tôt qu'on dit adieu aux personnes que l'on aime!P1030219

En septembre 2007, mes mots ont croisés ses mots, en passant par chez Joyce ou Marcus. Il a écrit que j'étais folle quand j'ai publié le pastiche de "La mer" de Charles Trenet. Commentaires drôles, ironiques, grivois dans la droite ligne de son humour décalé. J'ai lu son blog, commenté chez lui parfois, mais surtout perçu ce désir si puissant sur lequel il n'a jamais cédé. Il m'impressionnait tant, quand il décrivait et écrivait avec humour ou ironie les tourments médicaux,émotionnels,relationnels, tortueux d'un homme atteint d'un cancer en pleine force de l'âge.Ce désir de vivre qui ne le quittait jamais même si parfois cela le faisait grincer des dents, mais aussi les dents de ses lecteurs, lectrices ou entourage hors blog! De petits mots échangés par mail ou texto, à coups de téléphone franco suisse, pour "casser" de la psy tout en lui demandant, l'air de rien une oreille attentive et désintéressée, des liens d'images et de voix sans corps se sont tissés. J'aimais sa façon d'écrire pour ne pas crier de douleur ou de souffrance, et ça lui allait bien pour mener son combat contre ce crabe qui le rongeait.


En octobre 2008, je suis passée faire connaissance de visu avec ce drôle de type qui m'intriguait et me fascinait par sa force vive, ne sachant pas à quelle sauce je serai mangée,lui qui aimait tant mitonner mais surtout déguster des petits plats. Avait-il l'ironie verbale aussi acérée que son écriture? Je n'en menais pas large quand je l'ai découvert en chair et en os, sur le  pas de la porte de chez Fossati, à Reims.

http://cathiminie.canalblog.com/archives/2008/10/22/11043861.html

Et depuis cette rencontre mémorable, Pascal est devenu mon ami réel, ch'grand, lointain en kilomètres mais proche dans mon coeur. Plusieurs fois, nous avons manqué de recroiser nos routes d'est en ouest, mais les circonstances ont toujours joué des tours pour faire se disjoindre nos agendas. Je ne saurai jamais si c'est moi qu'il nommait la "psy bonnasse" dans l'invitation que je reçue pour son anniversaire auquel je n'ai pu me rendre. Je sais que dans ses propos provocateurs, il y avait toujours une grande pudeur qui l'empêchait de dévoiler sa grande humanité et sa gentillesse. Comme je regrette ces rendez vous manqués parfois à un jour près. Mais point de regrets d'avoir rencontré,parlé et rit avec ce grand monsieur, généreux et sensible,tout autant que caustique et grande gueule. J'ai toujours eu l'impression qu'il avait 7 vies comme les chats, ou plutôt les lions,félins aussi qui ne se laissent pas si facilement apprivoiser. Avait il griller la septième pour partir si vite? Je l'espérais indestructible tant il se battait pour la vie. 

Aujourd'hui il est parti d'ici pour un ailleurs ou un autre part que nul ne connait, mais dans mon coeur il sera toujours là comme une boussole tournée vers le pôle désir: celui qui l'a tenu debout contre toute attente et qui rend la vie si riche.

Adieu Pascal il restera tes mots et la force vive qu'ils dégagent