lundi 30 novembre 2009
Rêveries
Le chat dormait sur le divan.
Il a ouvert les yeux au son du violon de Gidon Kremer jouant les musiques tango d'Astor Piazzola.
Et j'ai ouvert mon rêve...
Ciel gris par la fenêtre, moutons fuyant sous le vent, 1ers flocons de coton glacés...
La musique sautillante se fait sombre comme le ciel de mes pensées.
Le violon pleure et appelle,
Espère et attends.
Colère ou tristesse, vague à l'âme ou paresse?
Et le piano martelle son tempo lourd...
Rêve sensuel, de corps qui se touchent et se repoussent,
De coeurs blessés qui se cherchent, tentation de se retrouver.
Quelle danse les ferait se rapprocher?
La plainte du violon est comme une caresse,
Cruelle!
Et la voix s'élève rauque et volontaire,
Chant violent,
Sursaut vital, respiration profonde qui fait vibrer âme et corps.
Je voudrais être cette voix, je voudrais être ce corps,
Et danser avec lui ce tango...
Tango des amours et des plaisirs passés,
Envoûtée, enlacée, emportée...
Cath
Montage image par Cathiminie/Cathstafiore
mardi 24 novembre 2009
Grippe A ou H1N1
Purée, elle va me tuer cette grippe! Si , si! c'est un virus absolument terrible!!!
Il y a un peu plus de 2 semaines, j'étais clouée au lit avec température, courbatures et violents maux de tête.
-" Vous avez la grippe madame, mais A ou autre, ça change rien, 4 jours d'arrêt et hop au boulot" ramollo les jambonneaux quand il fallut reprendre le chemin du boulot ( de nuit je précise, donc après une journée de travaux ménagers, administratifs, mamantif d'un ado de presque 15 ans un peu lymphatique quand ça l'arrange!)
Dur dur mais bon, la Cath-er-pillar en a vu d'autres n'est ce pas! Un peu Cath-a leptique mais pas Cath-a-tonique tout de même.
Mais là ça se précipite!
Vendredi vaccination de N°3 sur demande express de monsieur le pédiatre, qui craint des complications, si junior l'attrape. Il ne fait jamais rien simplement, je dois dire. Une simple appendicite qui se transforme en occlusion intestinale et œdème pulmonaire au réveil, il y a 3 ans, une bactérie intestinale qui lui vaut 5 jours d'hosto il y a 2 ans, une piqure de tiques qui se transforme en méningo-encéphalite avec traitement hospitalier de 5 jours et un mois de perfusion à domicile ..ça suffit!!! Et dernièrement une chute de fer qui fait craindre le pire à doc et moi même, mais ouf rien d'alarmant pour l'instant!!
De toute façon, j'ai interdit à Junior de remettre les pieds au service pédiatrie de l'hôpital. La prochaine fois ce sera section adulte. Du coup pédiatre vigilant, merci docteur!!! Y en a encore des bons qui entendent les mères célibataires un peu affolées! Mais le hic c'est les suites de vaccination, ou la comédie des suites de vaccination. Va savoir?
24 novembre 2009, 6h40 du matin. Encore somnolente sur mon petit lit de veille au boulot après une nuit agitée pour cause d'insomnie bruyante d'un résident, téléphone portable qui sonne!
- "qu'est c'qui s'passe?" grommelle la mother affolée/endormie. (au choix)
C'est junior, la voix d'un agonisant sentant sa fin proche:
-"j'me sens pas bien, j'ai mal à la gorge, j'suis ko. Tu crois que je dois aller à l'école?"
Reprise de mes esprits de mère attentionnée pas dupe:
-"tu as de la fièvre?"
-" euh ben j'ai 36,5°........."
- " alors tu vas à l'école. Que tu sois à l'école ou à la maison le mal de gorge sera là! Allez hop!!! Pas de fièvre, pas d'absentéisme"
Et cette fois la charge de la cavalerie. C'est le collège qui appelle à 8h30 alors que je suis en plein boum au boulot:
-" Votre fils dit ne pas se sentir bien. Il a mal au ventre!"
-"ah tiens le mal migrant? Ce matin c'était la gorge! Bon ben dès que je sors du boulot j'arrive pour faire le point de la gravité de la situation!"
Merci la secrétaire/infirmière pas dupe non plus!!
Bon ok, j'ai quand même quitté une heure plus tôt, mais pour apercevoir mon charmant comédien, sortir du cours, le sourire en coin, qui m'affirme que le sucre miraculeux de la secrétaire infirmière lui a fait du bien et qu'il va pouvoir retourner en cours. Et à midi, tout est rentré dans l'ordre. Il décide d'aller en cours cette après midi! Ahhhh! cette migration grippale. C'est un symptôme caractéristique de la grippe, qui concerne surtout les ados je pense. Et ça, le tapage médiatique autour de cette pandémie a omis de nous le faire savoir!
Faut dire que le frangin et la frangine de Junior, qui vivent à 25kms de là, en collocation estudiantine ont fait fort tous les deux, côté grippe. Mais eux c'est pas du ciné. Une semaine d'arrêt pour une grippe diagnostiquée saisonnière, reprise des cours prévue ce jour, mais alerte à Malibu Bulle, dans le canton de Fribourg!
2h du matin nuit de samedi à dimanche:
"Môôôôômaaaaannnn... j'arrive pas à dormir...(Moi si). Ca va pas, j'ai mal à la tête, des nausées, je me sens pas bien. Je sais pas quoi faire!!!" Ca me rappelle quand il était petit et qu'il lançait la litanie du maman en pleine nuit ...parce qu'il avait 40° de fièvre!!! Sauf que là au téléphone en pleine nuit à 25kms et lui qui a 21 ans, il y a peut être d'autres moyens à examiner que d'arriver tombeau ouvert,-ah mais non quelle horreur de dire ça- Il n'est pas à l'article de la mort tout de même, il a juste besoin d'entendre la voix rassurante de Maman, ce grand petit. Et il a les chocottes à zéro, je vous le dis!
"- bon, température?"
-" 38.6°. Mal à la tête, envie de vomir. Je sais plus quoi faire?" Turbinage express des neurones emplumés zé endormis de la mother, zen restons zen (mais c'est dur! Mon bébé!!!)
-" euh tu veux que je vienne? As tu pris de quoi faire baisser la fièvre? Bois un peu, il faut t'hydrater. Bon ben dès 8h, appelle le doc! Si y a un problème et si vraiment ça ne s'arrange pas, tu peux me rappeler!"
Non je ne suis pas une mère indigne! Non je ne préfère pas mon sommeil à mon fils, mais si demain matin il a rendez vous chez le doc je l'emmènerai!
Chose promise chose faite! la H1N1 a frappé le plus costaud d'entre nous! Ben mierdazut alors! Il semble complètement HS, ses beaux yeux verts tout humide, la tronche grise et les épaules tombantes. Il sort de chez le doc avec le masque sur la bouche et l'ordonnance de Tamiflu dans la main. Et une nouvelle semaine d'absence aux cours. Aïe! ça commence à faire lourd à rattraper. Alors dès que ça ira mieux, je peux aller chercher les cours, contacter les profs, et en attendant faire quelques courses pour achats de médics, de bouillons légers, de jus de fruits multivitaminés...enfin je fais ce que je peux! le colloc, meilleur copain de n°2 s'en moque d'attraper la grippe. Il va s'occuper de son pote!
Mais c'est sans compter sur mademoiselle "panique à bord" alias N°1, qui termine un arrêt de maladie de quelques jours pour grippe indéterminée:
-" tu crois que c'est moi qui l'ai refilée à N°2. Mais je l'avais peut être pas? Et si c'était pas la H1N1 je vais l'attraper? Mais je peux pas manquer les cours, je peux pas aller travailler au MacDo! Je vais faire comment? je dois faire quoi pour pas l'attraper? Je dois dire quoi à l'école? je...?
-"Stoooooop!!!! Si ta fièvre remonte, tu vas pas en cours. Sinon lavage des mains avec solution désinfectante. Pas boire dans le même verre que ton frangin, pas te servir de sa serviette de douche, nettoyer la cuvette des WC, etc etc...règles de base et mektoub!!!"
-" mais je peux pas l'attraper, j'ai des cours hyper importants. je suis obligée d'y aller"...etc etc etc et blablabla...
Ma fille aînée a une fâcheuse manie à faire les questions et les réponses ( hein ma chérie, je sais que tu me lis, soit pas fâchée, c'est de l'humour! Susceptible comme sa mère avec ça! bises je t'aime!)
-" Bon ok! Si ça va pas, tu vas pasen cours, sinon tu vas la refiler à tout le monde, et ne traite pas ton frangin comme un pestiféré!"
Comment ça se fait que je suis un pneu crevée aujourd'hui! Ah, ben ça doit être ma nuit agitée au boulot! je vais faire une petite sieste! la lessive, le ménage et tutti quanti attendrons. Bonne nuit!!!
jeudi 19 novembre 2009
pastiche
Parce que je voulais le faire depuis longtemps pour que cette oeuvre magnifique soit enfin connue...désolée pour certain(e)s qui l'ont déjà entendu, mais un tel texte ne peut rester caché...
et encore désolée pour la qualité du son et le manque de justesse...je rigolais toute seule à chanter devant mon téléphone portablelundi 16 novembre 2009
week end cul-turel!
Lyon...
Vendredi soir, arrivée tardive chez Trub, bientôt rejointe par Juillev, pour un démarrage de week end tranquille. Je me remettais de la grippe et le lendemain je causais au cours...alors sages les filles! D'autant que le lendemain, le Vinatier m'attendait (un des plus grands hôpitaux psychiatriques de Lyon)
Ben vi quoi, on n'a pas voulu de moi! Est ce ma faute à moi, si j'ai pris un p'tit dèj trop long à papoter avec ma potesse, à me doucher sous toutes les coutures, et à peaufiner un ravalement de façade digne d'un peintre en bâtiment des monuments historiques en péril (la grippe, ça laisse des traces, et c'est moi qui causait l'après midi quand même! Fallait que ça tienne!!) Du coup, retour chez Trub de Monplaisir pour repapotage et relecture de ma prestation à venir! L'acte ne fut pas manqué complètement!
Ah oui! J'oubliais de préciser qu'une tempête de feuilles d'automne emportées par le vent avait failli me rendre aveugle à peine mis le nez dehors (il faisait un vent à décorner qui vous voudrez, hommes ou bêtes)
Retour à 10h30 à Desgenettes en face du Vinatier, au secteur psychiatrique de l'Hôpital des Armées pour une conférence d'une grande qualité. Traversée de la ville à 13h pour rejoindre l'Université Lumière sur les quais avec à peine le temps d'avaler 2/3 de pizza (avec câpres et anchois, j'adore) en papotant gaiement avec 2 collègues, plus décontractés que moi!
14h à 15h30...j'ai causé, j'ai appris, j'ai écouté. 16h 20 fini! retour case Juillev, tea time et papotages de filles.
Mais il y eut le foot, après le boudin aux pommes. Gourcuf par ci, Domenech par là, tiens y a aussi Thierry Henry...Twitter ne parlait que de ça mais sur un mode très peu sportif! Et nous voilà parties à chercher des photos du plus beau joueur de l'équipe de France, nu! J'ai nommé Grocul...enfin non Gourcuff
Y a pire quand même ( Domenech par exemple, mais pas de photos trouvées sauf de son nez! ah bon c'est pas pareil. on dit pourtant que...;-)))
En attendant le p'tit jeunot, s'il venait à la maison, il dormirait pas dans la baignoire! De toute façon j'en ai pas alors...!!! Georges Clooney peut aller se rhabiller là!!!
Quelques petits verres de vin plus tard, une tite verveine et retour au lit vers 1h30.
Et le lendemain, ce fut culturel (un peu cul aussi mais juste un peu) Pas de notre faute aussi si les sculpteurs aiment les corps nus!
mais non il ne la tient pas dans la main voyons! C'est pas amovible normalement!!
un petit plaisantin a voulu découvrir l'origine du monde en lui coupant 2 doigts
Après les statues du jardin du Musée des beaux Arts, le clou de la visite!
Allez y, si vous aimez l'art moderne, et si vous n'aimez pas aussi d'ailleurs, parce que de toute façon les oeuvres exposées ne laissent pas indifférentes. J'ai un rapport à l'Art qui n'est pas de savoir, mais plutôt de sensibilité. Le savoir, je le cherche de surcroit et une conférencière, suivie quelques tableaux plus loin m'a subjuguée par son questionnement et son érudition au sujet du passage de l'art figuratif à l'art moderne.
Je dois dire que la peinture cubiste, surréaliste, expressionniste me laisse dans un état second fait de fascination, d'angoisse aussi parfois (surtout Bacon) d'hypnotisme pour ces tableaux qui parfois me regardent plus que je ne les voie! La puissance d'évocation de la subjectivité de l'artiste faisant parfois et même souvent écho à ma propre subjectivité! Je me suis régalée les yeux, les sens et la pensée à visiter cette expo. Ponctuée de fous rire et de commentaires entre filles! Une bien belle ballade que je devrais renouveler plus souvent! Les musées sont sources de bonheur!...parait il qu'on peut y faire de belles rencontres? Tiens je devrais essayer au lieu d'errer sur meetic ou autre site, surtout sans payer d'abonnement!
Et je vous passe les magnifiques yeux verts du caissier d'ED et mon effronterie ( il est tellement joli et désuet ce mot, n'est ce pas Juillev) à lui planter mes yeux dans les siens, les crevettes à l'ail, les gloussements de moutonnes en folie, les couinements de Zazou le chien, la panne d'essence à Bellegarde au retour, les délires sur Meetic and co....A nos amours les filles, (et ça ne concerne pas que la gente masculine. L'Amour de la vie en règle générale)...passées, présentes et à venir!!! Merci pour ce week end magique! Et au 12 décembre même lieu, même heure pour de nouvelles folies!! Ils vont finir par me garder, un jour au Vinatier!!!
jeudi 12 novembre 2009
expressions cathiminiesques et familiales
Il est tellement moche qu'il ferait rater une couvée de singes en plein vol (la pire parce qu'elle ne veut absolumment rien dire mais j'ai trouvé une illustration tout de même ! incroyable non?)
A ceux qui aimeraient me voir maigrir encore un peu je réponds ( n'est ce pas doc!) Mais ça va pas, si je continue je vais passer entre le mur et l'affiche sans la décoller!
Alors ça n'a pas été trop difficile...: pas de problème! les doigts dans le nez, les coudes dans les oreilles!
(vous avez déjà essayé? pas à deux hein! quoique!)
mais je l'ai pas trouvé mettant le coude dans l'oreille de Carla!
mardi 10 novembre 2009
Brocante du Landeron
J'adore les brocantes. A Amiens, elles étaient appelées des rèderies, et les participants ché rèdeux. Je fus une rèdeuse assidue en mon temps, et j'aimais autant vendre mon bric à brac que flâner dans les allées. Cette année, j'ai découvert qu'une grande brocante reconnue au delà des frontières de la Suisse avait lieu au Landeron, charmant petit village au bord du lac de Bienne, tout près de Neuchâtel.
C'était fin septembre mais comme il y faisait beau, je vous livre quelques unes de mes photos et commentaires assaisonnés d'un peu de soleil, parce que vraiment ce temps gris, froid à peine poudré de blanc sur les montagnes environnantes me donnent le bourdon! En plus la grippe m'a frappé et a du mal à me lâcher! Raison de plus pour partir en ballade automnale maintenant que l'hiver semble s'être installé chez nous!
Voilà le décor paysager planté, maintenant l'ambiance musicale mais sans le son malheureusement! Juste en images!
Et pour terminer quelques objets insolites. ou charmants
celui là il a fallu lui enfoncer le clou plus d'une fois pour que ça rentre dans sa caboche
A faire hurler Karl Lagerfeld!
Je l'aurais bien acheté pour souhaiter la bienvenue à mes invités mais ce qui m'a dérangé c'est l'inscription en allemand! ça le fait pas trop pour déguster un couscous!
Pour les grandes soifs ou les gros apéros
Black and white pour petites têtes
pour tous les goûts et les couleurs
seraient ce les anciennes raquettes de Roger Federer?
Mieux vaut regarder passer les badauds derrière les carreaux quand on est une petite vache suisse
Au revoir Le Landeron et à l'année prochaine, je n'y manquerai pas!
dimanche 8 novembre 2009
Ce que le jour doit à la nuit
Voilà je l'ai enfin lu, je l'ai malheureusement fini! Conseillé depuis plusieurs mois par une amie pied noir, je flirtais avec ce livre sans parvenir à l'approcher. Mais aujourd'hui, je lui déclarerai ma flamme!!
Oui, c'est excessif peut être, mais je le suis déjà tant, qu'un peu plus un peu moins ne fera pas de différence!
Yasmina Khadra a écrit d'autres ouvrages encensés par la critique, mais celui ci ne figure pas aux meilleures places. Ça m'est égal, moi je sais pourquoi je l'ai aimé, et je voudrais déjà le relire. Je lis, relis et relie souvent les livres qui me parlent d'une part de moi!
Celui là, je le garderai parmi ceux qui me parlent de ma terre, dont je ne connais ni les parfums, ni les contours, ni les sons, ni les couleurs! Peut être ai je cette terre dans un coin de ma mémoire, et que parfois elle se rappelle à moi et me fait plonger dans une recherche effrénée de sensations à jamais inconnues et perdues!
Au delà de l'histoire romanesque qui sert de fil conducteur , l'auteur ou son personnage ( oui oui sans "e" au bout, Yasmina Khadra est un homme) rend compte de sa place d'algérien introduit, devrais je dire intégré parmi les français. Il doit être né dans les années 30, comme ma mère et mon père, à la différence qu'eux étaient algérois alors que le "héros" du roman vit dans l'Oranie. Mais peu m'importe. Paysages, vie quotidienne, différences de culture, ressemblance et divergences de mode de vies des différentes communautés sont décrits dans ce livre avec une précision qui m'a fait maintes fois rêver de faire mes bagages et de partir visiter ce pays qui m'a vu naître. Mais y comprendrais je ce que fut son âme, ce que furent ses déchirures, ce que sont ses nostalgies et ses silences? Khadra, écrit tout cela, et je m'y suis plongée avidement d'abord, puis par petites touches, tant j'essayais de saisir ce qui a pu aboutir à cette guerre et à cet exil ( ou exode?) des français d'Algérie.
Prendre partie ou pas? Mais est ce possible, et l'auteur le montre bien. Je me suis retrouvée dans ses incertitudes, moi qui fut si peu bercée des souvenirs de là bas! A l'adolescence, je pris partie pour l'Indépendance de l'Algérie, en pleine révolte contre mes parents qui entretenaient une haine latente contre les arabes. Je me suis documentée, j'ai cherché, j'ai écrit aussi sur ce sentiment de déracinement qui me hante encore. Et là, dans ce roman, dans ces mots écrits par un algérien, j'y ai trouvé quelques réponses. Il serait trop long de publier ici les passages qui m'ont le plus parlé, au delà de l'histoire romanesque, mais je remercie Yasmina Khadra d'avoir écrit cet ouvrage, qui aide à saisir ce que fut l'Algérie dite française, et l'amour/haine qu'elle a pu engendrer ici ou là bas!
Le héros Jonas/Younes ne pouvait prendre parti mais comme je le comprends, comme j'ai souffert avec lui, me suis je émerveillée avec lui, me suis je interroger avec lui et ai je imaginé ce que fut la vie de mes arrières grands parents, grands parents et parents qui vécurent, et pour certains moururent, là bas. Les algériens récupérèrent leur territoire et leur histoire, les français y perdirent leur terre, et pour certains -dont mes parents- en oublièrent leur histoire. Ai je un devoir de mémoire à ma façon, en m'intéressant ainsi à cette terre que je ne connais pas?
voyages du passé
Elle est de nulle part,
Mais elle est de partout.
De Sicile à l'Espagne,
De l'Alsace à l'Allemagne,
Terres de ses ancêtres,
Qui tentaient l'aventure,
D'une terre promise,
Où le ciel brillerait
Des lumières de la gloire,
De la paix retrouvée.
Sa terre a disparu dans les gouffres profonds
Des mémoires blessées à jamais cadenassées.
D'une ville toute blanche douloureusement quittée,
A l'autre ensoleillée,
Aux multiples accents, aux musiques étranges,
Avec pour seul lien aux histoires du passé,
La splendeur de cette mer, la Méditerranée.
De routes en chemins,
Du blanc de sa naissance,
Au bleu de la mer et du ciel,
en passant par le rouge brique des maisons du Nord,
Elle est nommée française,
Malgré tous ses chemins .
Sa terre est sans visage,
Mais elle n'est pas sans nom,
Il repose quelque part tout au fond de son coeur.
Elle ne vient de nulle part,
Mais elle sait que bientôt,
Le nom de cette terre brillera de lumière,
Résonnera d'échos,
Soufflera son parfum
Éveillera ses sens,
Et lui fera trouver les racines de sa vie.
L'Algérie!
écrit le 29.09.2005
jeudi 5 novembre 2009
Tag pas facile
Comment faire du léger avec ce qui ne le fut pas forcément!
Alors, voilà! Je ne me défile pas!
Il était une fois une jeune provinciale coincée, qui venait d'avoir 18 ans ( mais non je m'appelle pas Dalida, c'est moi qui venait d'avoir 18 ans!). C'était en 1979.
Mes parents ne voulant pas lâcher leur oie blanche sur un campus universitaire, peuplé de mâles en rut dont ils m'avaient conditionné à me méfier à coup de " tu verras ma p'tite, un homme quand il veut quelque chose il l'obtient" A moi d'avoir deviner au fil du temps en quoi consistait ce "quelque chose" dont on ne parlait pas dans la famille "parce que chez ces gens là on ne parle pas messieurs dames, on n'parle pas, on sous entend!!". J'avais quand même réussi à me faire rouler une pelle par un grand dadet de terminale mais franchement c'était pour ne pas paraitre idiote aux yeux des copines! (là j'me prends pour Sophie Daumier "beurk berk ebrk berk berk berk")
Alors voilà l'oie blanche toute fraîche débarquée de sa petite ville pépère en Picardie du sud dans la grande ville universitaire en Picardie du Nord, j'ai nommé Amiens! Avec en guise de chaperon, mon frère aîné qui n'en avait rien à b...euh rien à secouer de sa petite frangine de 2 ans sa cadette. Lui le grand il allait sur le campus, mais moi, dans une chambre universitaire pour filles, avec visite masculine interdite. Mes parents avaient cochés par inadvertance ( dirent ils plus tard!) la case "étudiante mineure".
Mais voilà, ma fac était SUR le campus en pleine cambrousse, mes nouvelles amies et collègues de cours aussi, et moi je devais rentrer après le resto U le soir pour regagner ma chambrette en centre ville et étudier sagement pendant que tous allaient aux zinzins, organisaient des fiestas, ou allaient au ciné à l'Amphi 600!!! AAAAhhhhh, l'amphi 600!!!
Au début ça m'allait bien, timide comme je l'étais, mais bientôt je ratais mon bus, et je logeais chez une copine à deux dans une chambre de 9m2 et un lit de 70 cm, de plus en plus souvent! Avant d'aller dormir, une sur le sommier recouvert d'une couverture et l'autre par terre sur le matelas, je faisais la FÊTE! Enfin je découvrais les joies des discussions de nanas pendant toute la nuit ( ah les cours de psychopatholgie le lendemain où je pêchais à la ligne d'avoir si peu dormi et en pleine digestion du repas de midi!), de la fumette (mais bof bof pas terrible) de l'alcool( mais je n'ai pris ma 1ère et dernière cuite ( enfin presque) qu'à 20 ans), et la drague!!
J'avais eu 18 ans en octobre donc plus de détournement de mineure à l'horizon si mon frère caftait!! Et du coup, le grand marché des coeurs ( ouais des coeurs mon c...oui!) fut ouvert!
J'étais toujours intimidée par tous ces mâles, bien conditionnée à attendre l'Amuuuurrr du Prince Charmant sur son beau cheval blanc, sauf que je trouvais que ça n'était pas drôle de voir mes copines se pourlécher les babines avec leur petit ami de passage ( ou plus si affinités) et moi faire tapisserie. D'autant que je plaisais quand même mais je ne jouais pas la jeune vierge effarouchée, je l'étais!!!
Et un soir, un bel étudiant en économie qui trainait parfois dans nos soirées,(il était beau, il sentait bon le sable chaud puisqu'il était marocain) me propose d'aller voir le film de Woodstock à l'Amphi 600. Il me tournait autour depuis quelques temps mais comme il avait 23 ans, je me méfiais. C'était un vieux qui ne devait penser qu'à croquer ma chair fraîche!! Je refusais prétextant devoir reprendre mon bus pour rentrer chez les "bonnes soeurs".
Oh!! comme c'est dommage, j'ai justement raté mon bus ce jour là, et quand le bel éphèbe basané s'est repointé après Woodstock, il a été tout surpris de me trouver là! Toute la bande est allée danser au zinzin et c'est pendant un slove dégoulinant ( style Scorpions ou autre de l'époque) que nous avons échangés un baiser torride. Cette fois là c'était pas du Sophie Daumier, et je découvrais de bien étranges sensations très agréables me parcourir le corps! Après le zinzin il ne m'a pas ramené à mon donjon, mais gentleman m'a déposé à pied ( peu d'étudiants possédaient une voiture à l'époque) au bâtiment universitaire d'une de mes copines. Le hic c'est qu'elle avait de la compagnie et me voilà bien embêtée à ne savoir où passer la nuit! Aïe, aïe aïe ma cocotte, les carottes sont cuites, me suis je dit!!
Et ce qui était prévisible arriva! Je dormirais dans sa chambre universitaire, lui sur le sommier et moi sur le matelas par terre! Naïve et consentante que j'étais. Même oie blanche, blonde et à forte poitrine ( ben oui déjà à l'époque) je savais que je devrais lutter pour ne pas céder...à sa sensualité torride et aux picotements incongrus que je ressentais quand il m'embrassait. Mais de là à passer le cap! Pas si simple avec mon éducation!! Pas de SIDA à l'époque, mais pas de pilule pour moi non plus, puisque je ne pratiquais pas la "chose". Je pensais avoir le temps de m'en préoccuper quand je serais amoureuse!
Il ne nous a pas fallu plus d'une heure pour qu'il se retrouve par terre sur le matelas avec moi et que je passe à la casserole sans trop me défendre. Curieuse de l'expérience, en opposition avec les théories culcul gnangnan de mon éducation, mais pétant de trouille au risque d'être enceinte, coupable de ne pas savoir dire non, à quelqu'un que je n'aimais pas!
Ce fut nul, bref, sans plaisir parce que tout tournait dans ma tête et que j'en oubliais de me détendre pour profiter de l'instant! Je n'ai rien à lui reprocher, il a été charmant, il voulait me revoir, sortir avec moi comme on disait à l'époque. Je l'ai revu quelque fois mais j'ai fini par le larguer. Je n'étais pas amoureuse, et le charme avait été rompu par une expérience trop hâtive et non réfléchie!En plus l'épée de Damoclès d'une possible grossesse qui tanguait au dessus de ma tête! Ouf de ce côté là tout a été comme sur des roulettes mais j'ai eu du bol!
Je l'ai revu quelques années plus tard et nous avons pu en reparler entre adultes, sans rancune ni regrets, lui d'avoir été largué et moi de ne pas l'avoir convaincu de mon "non" timide. L'oie blanche était morte depuis longtemps et nous avons pu en rire!
Même si cette première fois m'a laissé longtemps un goût amer tant j'avais été bercé de rêves et de non dits, il en fallait une de 1ère fois, mais j'ai vraiment préféré les suivantes, enfin celles ou désir et sentiment amoureux se mêlaient!
Maintenant, à mon âge avancé (30 ans plus tard) je peux admettre que le désir peut suffir à ce que chacun y trouve son compte, mais c'est un propos de célibataire de presque 50 ans que je livre là! C'est quand même mieux quand se mêlent désir et amour! Et je ne suis plus une oie blanche timide et conditionnée!





































